Les billets du Père Lucien Marguet

14 mai 2018

Apprendre à parler, apprendre à se parler…

Dans une culture où la parole et l'image sont les moyens privilégiés de la communication qui édifie la relation, c'est rendre un grand service aux jeunes que de leur apprendre les bases et les conditions d'un dialogue réussi !

Souvent les idées naissent dans l'affectif : "j'aime ou je n'aime pas", "ça me plait ou ça ne m'intéresse pas". Il s'agit alors de passer de ce ressenti spontané à la formulation des raisons qui lui donnent une justification et un sens objectifs. La première étape est donc d'encourager les jeunes à penser par eux-mêmes et déjà à sortir des ornières des phrases convenues : "c'est super", ou "bof, c'est nul !"… Ces idées peu à peu butinées et sélectionnées, associées pour se transformer en point de vue et même en convictions, ne doivent jamais devenir absolues mais demeurer transitoires, ouvertes à d'autres pensées qui viendront les contredire et les enrichir.

Si les jeunes ont un vrai besoin d'étayer leur pensée de rationalités et d'éléments objectifs, c'est parce que la nature humaine le réclame, tout comme la vocation de chacun(e) à exister dans la société. Une personne sans pensée personnelle, sans appui rationnel, sans direction, en un mot sans tableau de bord ni gouvernail, est à la merci des tempêtes et des courants dérivants, des influences et des conditionnements les plus obscurs mais pas les moins déterminants.

Apprendre à penser, à parler, débouche sur cet autre apprentissage qu'est apprendre à se parler. Qu'on l'appelle dialogue, conversation, discussion, il s'agit pour chaque interlocuteur de s'exprimer et d'accueillir, d'entendre, de comprendre pour approuver ou contester ce que dit chacun des participants au colloque ! Or cet exercice du partage et de la confrontation comporte des difficultés et des risques d'incompréhension et de frustrations ! Si l'un des protagonistes vous lance des paroles blessantes, humiliantes, votre courage et votre confiance pour vous exprimer peuvent en être anéantis, ou à l'inverse déclencher en vous une réaction violente qui transforme votre langage en agression et dénature le contenu réel de votre point de vue ! Du coup la pierre, même modeste, que vous vouliez apporter à la recherche de la vérité d'un sujet, est menacée d'être brusquement rejetée.

Avez-vous remarqué comme moi les débats au cours desquels les animateurs et les intervenants s'interrompent, déforment et tronquent les messages entendus, confondent vulgarité et sincérité ? Ne pourrait-on pas aussi aider les jeunes générations à ne pas se contenter de SMS et de mots "avortons", c'est-à-dire pas entièrement formés ni reconnaissables, car difficiles parfois à décoder parce qu'amputés ? Ne serait-ce pas rendre service aux jeunes que de leur transmettre le trousseau de clés indispensable pour que leurs dialogues, leurs débats, leurs échanges avec les autres dans les campus et les salles de classe, et déjà les discussions en famille et entre amis soient enrichissants et paisibles?

La pression culturelle du "tout tout de suite", du clic sur internet, de l'immédiateté, du savoir et du tout-voir "maintenant", ne risque-t-elle pas en effet d'influencer notre façon d'exprimer nos idées et de nous pousser à accueillir avec impatience celle des autres, en enjambant le temps pourtant nécessaire ? A force de se précipiter, de préjuger, de prononcer parfois des jugements à l'emporte-pièce, d'user d'un ton cinglant dans les échanges, de ne pas bien maîtriser le sens exact et convenu des mots, les discussions, au lieu de favoriser la cohésion, favorisent les divisions et les incompréhensions !

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11 mai 2018

Le "décalogue" du prêtre séculier, diocésain...

 

L'ordination de trois jeunes prêtres en juin 2018 en la cathédrale de Reims, l'entrée en retraite du Père Thierry Jordan, notre archevêque depuis 19 ans, un témoignage sur la joie d'être prêtre qui m'a été demandé, ainsi qu'à deux autres prêtres plus jeunes, lors de la rencontre du presbytérium qui s'est tenue cette année à St-Walfroy avant la messe chrismale célébrée dans l'abbatiale de Mouzon, une interpellation récente d'un prêtre jeune : "N'hésitez pas à nous partager votre expérience pastorale"… tout cela en effet m'incite à exprimer en quelques mots simples les critères importants auxquels doit se référer le prêtre diocésain, selon mon point de vue !

1. Le prêtre diocésain se conforme avec conviction et confiance au principe de l'Incarnation. Un prêtre reçoit une nomination pour accomplir une mission définie en un territoire précis. Il doit éviter de se disperser et résister à la tentation de s'attribuer des tâches qui l'éparpillent et qui pourraient faire dire aux chrétiens : "notre curé n'est jamais là, toujours ailleurs"…

2. Le fait d'être "séculier" invite le prêtre diocésain à ne pas être un homme du passé au tempérament nostalgique, mais au contraire à aimer l'époque et les gens de ce temps dans lequel il accomplit son ministère.

3. Il doit s'investir à fond et en même temps se dessaisir et se retenir de tout penser et faire par lui-même. Chaque fois qu'il peut associer et initier des chrétiens pour édifier l'Eglise et contribuer à l'œuvre de Dieu dans la société, il se rend disponible. Il est d'accord avec ce principe : ne jamais envisager seul ce qui peut l'être à plusieurs.

4. Il est serviteur d'une Eglise qui se veut par ses membres sel et levure, lumière pour la société humaine tout entière. Il doit rassembler et unir, être créateur de liens, non pas autour de lui mais autour du Christ, parole et pain d'Amour et de vérité conjugués dans un même mouvement.

5. Le prêtre diocésain n'a pas pour seule tâche de faire vivre religieusement une communauté chrétienne rassemblée et fidèle, mais il doit faire place dans ses pensées et ses initiatives à ses frères et sœurs en humanité, et tout spécialement les pauvres, les petits, les laissés pour compte, les gens sans pouvoir et ceux qui en détiennent beaucoup…

6. Au prêtre diocésain est confiée une autorité qui n'a pas pour finalité de se faire valoir ni d'être gratifié, mais de faire grandir les chrétiens qui lui sont confiés. Il enseigne et transmet ce qu'il sait, l'ayant reçu lui-même. Il s'exerce à analyser et discerner un chemin évangélique, moral et spirituel.

7. Parmi toutes ses tâches auprès des enfants, des jeunes et des adultes, il initie à la prière en proposant des façons et surtout des sources objectives et comprises – biblique, liturgique -, en favorisant la bonté et la beauté, en alliant action et contemplation, visuel, audible, sensible et intériorité personnelle !

8. La spécificité de la vocation du prêtre diocésain enrichit la mission universelle de l'Eglise catholique dans la mesure où elle rejoint l'homme et tout en l'homme, jusqu'aux profondeurs de sa condition, de sa dignité et de sa liberté, de ses facultés de décider et de s'engager.

9. Le prêtre diocésain n'exerce pas une profession libérale dans laquelle il apparaîtrait à son compte, avec une clientèle privée qui l'aurait choisi, lui. Il est en réalité disponible pour tous. Il a accepté d'être au service d'une Eglise qui s'est dotée de moyens apostoliques, d'une organisation hiérarchique dans laquelle il assume la place qui lui a été désignée. Il doit s'y montrer acteur, en étroite cohérence avec l'Evangile et cohésion avec l'Eglise.

10. Dans une société foncièrement marquée par la diversité et la pluralité des convictions, des modes de vie, des appartenances et des références philosophiques et culturelles, religieuses, dans le cadre d'un vivre ensemble démocratique et laïque dont l'ambition est de pouvoir faire cohabiter des gens très différents et même divergents, l'Eglise catholique sera écoutée et regardée si elle est humble, simple, tout en étant ferme et claire dans son témoignage !

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"Je suis la vigne, vous êtes les sarments"

Jean 15 1-27

 

Dans l'Ancien Testament, la vigne représente le Peuple d'Israël. Dans le Nouveau Testament, la vigne est une métaphore pour faire comprendre ce qu'est l'Eglise, le Corps du Christ composé des croyants en Lui, dont a parlé notamment saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens.

Une vigne se compose de plusieurs pieds de vigne. Un cep, des sarments et des grappes de raisin sont les parties visibles d'un pied, dont les racines cachées en terre ont pour fonction de faire monter la sève nourricière qui, elle, est invisible mais indispensable. Ainsi ce qui est le plus important, c'est que les sarments soient bien reliés et accrochés au cep, et celui-ci bien enterré. "Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance"…  Le travail du vigneron consiste à éliminer les sarments susceptibles de disperser la sève et de ne produire aucun fruit. "Il émonde" la vigne, la taille. C'est la mission de la Parole de Dieu d'émonder notre vie en discernant ce que l'on doit garder, favoriser, et ce qu'il faut éliminer !

Or quel fruit produit cette relation au Christ ? C'est l'amour. "Comme mon Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme en observant les commandements de mon Père je demeure dans son amour". L'unité parfaite entre Jésus et son Père garantit la qualité et la densité de l'Amour reçu et vécu par tous ceux et celles qui le reçoivent de sa part. Telle la sève qui, montant par le cep et les sarments solidaires, se transforme en grappes de raisin généreuses. Dieu par Jésus nous transmet son amour, et il nous rend capables d'aimer à notre tour et ainsi de prendre place dans la vie trinitaire de Dieu.

A partir du verset 18, saint Jean évoque le monde comme un lieu où se déroule nécessairement notre itinéraire humain, mais le jonche de difficultés à surmonter. Car le Monde est marqué par le chacun pour soi, où chacun prétend à son autonomie intégrale, qui l'invite à s'aventurer sans autres normes que celles qu'il se donne, sans Dieu ni maître. Tout en étant dans le monde et en y étant pleinement inséré, le chrétien, disciple et témoin, prendra le chemin de ce qu'a déjà rencontré le Christ en son temps passé sur terre. "Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier". Il s'agit donc pour les chrétiens d'être dans le monde tout en n'adoptant pas son esprit : "Vous n'êtes pas du monde : c'est moi qui vous ai mis à part du monde, voilà pourquoi le monde vous hait". Dans une parabole "le bon grain et l'ivraie", Jésus fait comprendre que le bien et le mal poussent côte à côte dans le même champ, et en même temps. Notre rôle de chrétiens est de consentir à vivre dans ce monde dual et d'accomplir par choix et dans la persévérance ce que nous inspire la sève de l'esprit d'amour du Christ.

Enfin, dans le paragraphe qui va du verset 26 au verset 27, saint Jean rapporte la promesse que Jésus fait, dans son discours d'adieu, quelques heures avant son arrestation, d'envoyer l'Esprit de vérité qu'il appelle "paraclet". "Lui rendra lui-même témoignage de moi, et à votre tour vous me rendrez témoignage parce que vous êtes avec moi depuis le commencement". Baptisés, nous avons vocation non à fuir le monde parce qu'il nous ferait peur ou par souci de nous préserver du mal, mais à y demeurer pour y accomplir l'œuvre du Christ, en étant levain, sel et lumière, y témoigner et y proposer la sève du Christ qu'est son amour dont tous les évangiles nous révèlent les applications concrètes, incarnées. Ce que Jésus a été, a dit et a fait, à nous de le continuer, car ensemble, en Eglise, nous sommes "sa vigne".

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30 avril 2018

Commémorer

Notre pays, notre patrie, a toujours besoin de ces rassemblements pour se souvenir de ces événements qui ont marqué et forgé son histoire collective, qui l'ont blessée en ses enfants mais en même temps réunie en faisant de tous ses membres, de façons différentes et parfois opposées, un peuple fier et libre. Certes commémorer n'est pas une fin en soi. Ces devoirs de mémoire doivent en même temps tenir les consciences éveillées et nous rappeler à la vigilance, nous inviter à nous montrer actifs et mobilisés, pour que les grandes valeurs humanistes auxquelles nous tenons demeurent les fondations de notre civilisation commune : la liberté, les droits de l'homme, la dignité humaine, la justice, la paix. Nos cérémonies seront alors des démarches de souvenir et en même temps des actes qui engagent pour l'avenir.

Nous savons qu'il n'est pas de combat que celui des armes et que nous sommes tous conviés à prendre part aux combats de la vie, là où nos capacités et nos possibilités nous le demandent. Je pense à ces lieux privilégiés où s'édifie la société : la famille, l'école, la commune, la ville, les aires de loisirs et de culture. Nous sommes tous conviés à des comportements citoyens dans un esprit civique, tant à travers l'exercice normal de nos professions respectives que dans les services bénévoles que nous pouvons choisir d'accomplir. Et, chacun de nous le sait, l'Eglise et les chrétiens ajoutent à ces devoirs civiques les appels que Jésus adresse dans l'Evangile.

Toute commémoration offre un temps de cohésion et même de communion entre citoyen(ne)s aux positions et convictions diverses et différentes, et parfois même très divergentes. Or devant le souvenir commun de tel ou tel événement de l'histoire, on oublie ces griefs et ces fossés pour ne former ensemble qu'un pays uni dans l'hommage et la gratitude. Certes, certains reprochent parfois à cette tradition des "souvenirs" de préférer commémorer les événements du passé plutôt que de se confronter aux difficultés du présent et de tracer des chemins pour l'avenir. Un proverbe ne dit-il pas que pour envisager où l'on va, il faut d'abord savoir d'où l'on vient ?

Aussi commémorer sur les places emblématiques, dans les stades ou devant les monuments permet de garder souvenir d'événements marquants de l'histoire d'une nation ou d'un continent. Cela offre déjà d'en transmettre le souvenir aux jeunes générations. En faisant mémoire de batailles au cours desquelles des combattants ont sacrifié leur vie à leur Patrie, on leur rend hommage et on glorifie leur courage, leur ténacité, leur idéal de Paix et de Liberté. Un hommage rendu localement rejoint les grandes causes défendues sur le plan national. L'âme d'un Peuple se nourrit de la conjonction de ces refus de se soumettre et de se démettre, de l'engagement personnel et collectif de faire gagner les valeurs humanistes de justice, de dignité, de bien commun, de droits humains universels…

Commémorer, c'est aussi exprimer le souhait que de tels conflits ne retrouvent jamais ce terrain favorable qui a pu les faire surgir dans le déroulement de l'Histoire. Commémorer, ce n'est donc pas seulement regarder le passé, c'est peut-être surtout se sentir appelés comme citoyen(ne)s à ce que nos pensées, nos paroles et nos actes, nos comportements, contribuent chacun(e) pour notre part au maintien et même au progrès de la concorde, par la bienveillance, le respect et le dialogue, une connaissance et des échanges multilatéraux plus denses et plus approfondis !

Les commémorations, avec une minute de silence et parfois une cérémonie religieuse à l'église ou sur place, c'est aussi pour les croyants prier pour ces héros martyrs. C'est donc aussi l'occasion de prier pour les autorités politiques chargées en notre nom d'établir les bases du Bien commun dans lequel nul n'est lésé ni frustré selon l'idéal républicain inscrit en grosses lettres au fronton de ses bâtiments publics : "Liberté, Egalité, Fraternité".

Je pense aussi à tous les acteurs irremplaçables de toutes les transmissions : des savoirs, des valeurs humaines, des nourritures morales et spirituelles : les parents, la famille, les enseignants, les entraîneurs sportifs, les animateurs culturels… Comment les jeunes générations pourraient-elles sinon imaginer et édifier une société de Paix et de fraternité dans laquelle la violence, la peur, la rivalité, l'égoïsme, la domination font progressivement place aux relations apaisées, aux discussions, aux négociations et à la concertation, aux droits basiques de chaque citoyen grâce à un fonctionnement d'Etat foncièrement démocratique ? La société, toutes les sociétés humaines, ont besoin de diffuseurs et d'éducateurs qui mettent aussi en pratique ce qu'ils expriment en paroles. Pour bien remplir les cerveaux et entraîner les esprits à réfléchir, analyser, discerner, décider et traduire en actes et engagements ce qui est compris et admis, la société a besoin d'adultes compétents en connaissances et habiles en pédagogie, également dotés de qualités de patience, de confiance, de persévérance.

Dévoués, savants, sages et saints, cette armée, dans nos villages, nos villes, nos quartiers, nos écoles et nos familles, est attendue nombreuse. De notre réponse à cette convocation dépend aussi notre capacité à capter les messages de l'Histoire dont ces commémorations continuent à nous faire destinataires !

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Une personne "convaincante"

Elle associe dans sa personnalité des compétences, de l'intelligence et aussi de la simplicité et de la bienveillance naturelle. Elle ne se considère ni plus ni moins, mais égale et semblable. Elle est discrète mais curieuse de l'autre, ne parlant pas d'elle tout le temps, y compris quand son interlocuteur se confie. Elle use volontiers de tact et de pédagogie, n'est jamais intrusive, mais délicate et nuancée. Elle ne joue pas sur la scène de la vie comme ces acteurs en représentation qui se régalent des applaudissements nourris d'un public conquis, sous le feu des projecteurs et des textes imposés et parfois improvisés.

Cette belle personne est transparente, riche et humble à la fois. Ni hautaine, ni méprisante, ni vaniteuse, ni orgueilleuse, ni manipulatrice, ni égoïste, ni captatrice, cette personne se veut "normale", humaine et humaniste, en sachant qu'elle n'est qu'un des éléments de la société actuelle où se déroulent son existence et son "vivre ensemble".

Une personne convaincante ne prend pas la posture de l'enseignante qui laisse supposer qu'elle possède des connaissances et que son élève est inculte. Elle invite à chercher ensemble en ajoutant à ce qui est déjà connu, dans un esprit de partage. Quand il s'agit de convictions intimes, religieuses par exemple, une harmonie perceptible entre la foi et ses applications parvient à intéresser et interpeller. Toute transmission de nature formelle risque d'être vaine, telle la pluie torrentielle qui ruisselle sans pénétrer la terre et lui permettre d'être fertile.

Ni bavarde au point de priver le vis-à-vis de l'expression de son point de vue, cette personne sait qu'elle peut améliorer le sien si elle sait écouter, accueillir et intégrer ce qu'un dialogue ou une conversation peut lui apporter. Il est vrai cependant que certains, par peur d'avoir à modifier leurs idées ou leurs façons d'être ou de faire, font semblant d'entendre mais en réalité n'apprécient que ce qu'ils disent. Ces gens n'ont en réalité qu'un objectif, c'est d'investir entièrement l'échange et de le transformer en quasi monologue ! Ils monopolisent la parole… Aussi est-il très souhaitable qu'un animateur chargé de préparer et de conduire l'entretien ait assez de lucidité et d'efficacité pour acheminer les participants dans un parcours qui les fasse progresser. Il peut certes arriver que celui-ci se fasse déborder, sortir du thème convenu et même soit amené à arbitrer des altercations jusqu'au blocage complet des échanges. Il joue alors le rôle de pacificateur en diminuant les tensions, en gommant la violence de certains propos risquant de clore brutalement les débats, en rappelant l'objectif initial de la rencontre.

Il apparaît que la société actuelle, mouvante et fluctuante, "liquide" disent d'aucuns, attachée à la liberté, d'abord individuelle, se nourrit beaucoup d'informations, de langages divers et différents, parfois convergents, souvent divergents. Elle a besoin de personnes qui sachent créer des liens et des relations, une attention et une compréhension dont dépendent les conditions favorables d'un "bien vivre ensemble".

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24 avril 2018

L'humain tel que les chrétiens le comprennent

Les positions morales prises par l'Eglise et les chrétiens ne sont pas l'effet du hasard ni l'expression du plaisir de résister aux vagues déferlantes de l'opinion forgées par des courants de pensée puissants qui prétendent couler de source et répondre aux désirs et besoins humains, individualisés et particuliers. Quand les chrétiens sont invités à donner leur position, ils s'expriment à partir d'une conception universelle qu'ils ont de l'homme, de la femme, de la vie, son origine divine et sa destinée. Je vais essayer de résumer en quelques points d'appui prioritaires, c'est-à-dire non réductibles ni négociables, mais essentiels puisqu'inscrits dans la nature humaine elle-même.

Tout être humain nait d'une co-création d'un homme et d'une femme et de Dieu qui le dote d'une âme singulière, spécifique et marquée d'un caractère sacré, quel que soit l'endroit du monde où il vient à la vie et quelles que soient ses potentialités ou incapacités physiques ou intellectuelles détectables.

Le second paramètre est qu'un être humain est certes individualisé, mais qu'il naît et vit relié à des parents, une famille, au sein d'une société. Tout être humain a donc un besoin essentiel d'être en relation pour convenir à sa "nature", se développer et vivre.

Une troisième référence qui entre dans le discernement moral des chrétiens se trouve dans cette constatation que tout ce qui est envisageable scientifiquement et techniquement réalisable n'est pas forcément bon pour le devenir et le progrès réel de l'humanité. Une solution immédiate à un problème individuel ne peut être considérée comme une norme étendue à tous. Ce qui est déclaré légal ne lui attribue pas en soi son caractère moral.

Les "philosophes", les moralistes, les chrétiens se doivent de réfléchir aux conséquences prévisibles et probables des choix éthiques traduits en lois donnant à tous d'accéder à des conduites et des pratiques jusque là interdites. L'avortement, la satisfaction du droit à l'enfant sans présence paternelle effective, les mères porteuses, l'euthanasie active, ces possibilités données génèrent un questionnement et un discernement. Quels sont les droits de l'enfant à naître, être relié, bénéficier d'un environnement le plus complet possible, connaître son origine…

"Mon corps m'appartient, je suis en droit d'en disposer", est-ce là une revendication qui tient compte du fait que toute vie a des dimensions sociales ? Une maman a partie liée à son mari, ses enfants et réciproquement. Une personne âgée malade peut tellement souffrir qu'elle aspire à en finir avec son corps, mais ses proches partagent-ils son souhait de hâter sa disparition alors qu'elle représente pour eux des moments importants et heureux de leur existence ? Que penser aussi de la vente d'organes de la part de familles pauvres pour satisfaire à des besoins financiers ?

On l'aura compris, s'il faut faire évoluer le droit et les lois, il est nécessaire de le faire avec une grande intelligence et une vraie prudence. Il ne faudrait pas que l'humain, universel, soit ignoré et piétiné et que demain la société tout entière n'ait que ses larmes pour le regretter.

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22 avril 2018

"Je crois en la résurrection de la chair…

… nous invite à proclamer chaque dimanche le Credo. Mais comment faut-il comprendre le mot "chair" ? Veut-il dire que l'on retrouve un jour notre corps physique dans lequel nous vivons aujourd'hui ?

En réalité, "la chair", ce n'est pas seulement le corps physique, c'est aussi toutes les relations que la personne entretient avec les autres dans le déroulement de sa vie ; grâce au corps, car celui-ci est la place que chacun occupe dans l'espace et le temps. La chair, c'est tout ce qui constitue la personnalité. Quand dans son discours sur le Pain de Vie Jésus déclare : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui", le mot "chair" exprime tout "l'être" à Dieu et "l'être" au monde de Jésus : ses paroles, ses actes, son comportement, c'est toute cette chair de sa vie que Jésus nous invite à manger pour vivre de sa vie et nous prédisposer à ressusciter à sa suite !

Et le corps est le moyen d'exprimer l'identité singulière de chacun. Il est à la fois ce qui sépare, distingue, et ce qui relie, dans l'altérité. Quand survient la mort, le corps meurt au temps et à l'espace. Mais ressuscite à l'Eternité. Chacun est en effet transformé à l'image de la chrysalide qui devient papillon. La mort prend alors l'allure d'un desserrement et d'une libération des conditionnements dans lesquels se déroule notre existence terrestre.

La Résurrection de la chair dans la vie éternelle, ce n'est pas la plongée dans un grand Tout où toute personnalité disparaîtrait. L'Eternité n'est pas un lieu de disparition de la singularité et des différences, de confusion par absorption… La chair ressuscite, l'être personnel subsiste. La vie de ressuscité est une vie d'épanouissement et d'achèvement pléniers, une communion en Dieu d'êtres libérés des freins et des limites imposés par l'espace et le temps dans lesquels ils ont fait grandir leur vocation à la vie éternelle.

Affirmer le Christ ressuscité, c'est avancer l'idée que la mort corporelle n'est pas le terminus d'une vie sans issue, mais sa transformation et son accomplissement. Si le mot Fin s'affiche à la mort, il n'annonce pas un anéantissement mais une vie nouvelle. La mort fait franchir la frontière et sortir de la vie terrestre. Elle permet la naissance et l'entrée dans une vie sans limites, dite éternelle. "De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange de même vivra par moi… Celui qui mange ce Pain vivra éternellement."

Parce qu'il a fait ce passage entre le divin et l'humain par sa naissance au monde et par sa Pâque de l'humain mortel au divin immortel, Jésus devient le chemin de Dieu vers l'homme et de l'homme vers Dieu. Aussi, croire au Christ, c'est avec lui passer, par la mort, de la vie actuelle à la vie éternelle. Il est la clé de l'énigme de l'au-delà !

Ne disons pas trop vite que la Résurrection du Christ est incroyable, puisque cette idée dépasse la raison. Si les témoins n'ont pas apporté les preuves, sinon la transformation entière de leur personnalité et l'engagement total et jusqu'à la mort de leur vie, il est des signes qui ne trompent guère et conduisent sur la voie de la foi. Les Apôtres désemparés et dispersés à la mort du Christ deviennent des témoins confirmés et audacieux. Paul persécuteur devient le Missionnaire infatigable. La diffusion du Message génère l'adhésion et la conviction de gens différents.

Vingt siècles écoulés depuis la fondation du christianisme verront l'Eglise naviguer à travers les turbulences, les récifs, les balancements des courants adverses, les évolutions et les mutations des sociétés humaines. Le Christ vogue avec son église en répétant, comme il l'avait fait ce soir-là au milieu du lac de Tibériade qu'il traversait avec ses Apôtres : "N'ayez pas peur". Oui, le Christ est ressuscité et Il est bien vivant !

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La "Bible"…

Les chrétiens ont avec la Bible le rapport qu'ont les marcheurs assoiffés par la marche et la chaleur du jour avec la source d'eau. L'important pour eux est l'eau. Pour les chrétiens, la Bible est un moyen de chercher, découvrir et aimer Dieu, Jésus, leurs messages. Aussi si les chrétiens tiennent tant à la Bible, c'est parce qu'elle est une voie qui leur permet d'approcher et d'accéder à la source de cette vie divine dont elle témoigne.

Si la Bible raconte d'abord l'histoire particulière du Peuple hébreu dans ses rapports avec Yahvé qu'il découvre peu à peu au fur et à mesure des événements de son histoire, avec Jésus elle devient un message à portée mondiale, internationale et universelle, et même transtemporelle. Ecrite par un Peuple et pour lui, la Bible s'adresse avec Jésus à la terre entière. Outre cette source permanente offerte à tous de la vie divine, les chrétiens bénéficient de l'histoire de l'Eglise, ce peuple croyant en Dieu, composé de la diversité et de la pluralité des gens dont l'humanité s'est inspirée de celle de Jésus révélée dans les évangiles.

La troisième voie est celle que l'Esprit souffle dans les cœurs humains d'apparence éloignés des groupes religieux existant officiellement. Ces trois façons pour Dieu de se révéler ne s'excluent pas, mais convergent et se rejoignent. Les chrétiens ont le devoir d'ouvrir la Bible avec intelligence, raison et un esprit critique, c'est-à-dire de discernement éclairé, et jamais avec aveuglement ni avec une lecture textuelle de compréhension immédiate !

L'Eglise a toujours voulu situer les livres de la Bible dans le contexte historique du peuple hébreu, les langages de l'époque et les façons de comprendre Dieu. Outre cette recherche minutieuse, la plus objective et exacte possible du contenu des textes, les chrétiens s'efforcent de recueillir les messages spirituels et existentiels qui peuvent inspirer leur foi dans l'actualité de leur vie. La fréquentation assidue de la Bible est donc un ravitaillement de la foi "croyance" et de la foi "engagement". Or dans l'Eglise catholique, toutes les préparations et célébrations de sacrements comportent des choix de pages bibliques à entendre et retenir pour soi-même, en famille, en communauté… Toutes les transmissions, les homélies, partent des textes bibliques. Les conseils évangéliques, les pardons signifiés au nom de Dieu, la consécration du pain et du vin en Corps et Sang du Christ, ont pour base des séquences bibliques. De la naissance à la mort et durant tout le parcours terrestre, la Bible est la margelle du puits de Jacob où les Samaritains venaient quotidiennement puiser l'eau pour leur vie.

La Bible, dit-on, est l'ouvrage le plus édité dans le monde, et cela n'a rien d'étonnant car les livres qu'il contient sont traduits dans toutes les langues de la terre. Ils touchent non seulement des peuples à la culture et à l'histoire très différentes mais aussi les cœurs humains de tout âge et de toute condition, diversement situés par l'expérience qu'ils font de leur humanité. Pour autant que la Bible nous conte l'histoire et les déboires, les initiatives, les actions et les comportements, les rapports à Dieu d'un peuple particulier, cette histoire-là nous touche aujourd'hui parce qu'elle rejoint en profondeur notre propre humanité, ses joies, ses peines, et d'abord ses quêtes de dignité, de vérité, de liberté, de vie, ses désirs et ses aspirations les plus enracinés en notre nature d'êtres créés à l'image de Dieu, nés pour lui ressembler !

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Se marier à l'église

J'accompagne chaque année une petite dizaine de couples vers leur mariage à l'église. J'ai toujours beaucoup reçu de leurs interrogations, de leurs hésitations, de leurs convictions. A la question "Pourquoi le mariage, civil et ensuite religieux ?", beaucoup ont du mal à formuler une réponse spontanée.

Souvent ils décrivent leur mariage religieux en termes de solidité donnée à leur engagement comme si, après avoir vécu un contrat à durée déterminée, ils le transformaient après une expérience éprouvée et durable en contrat à durée infinie ! Souvent les couples insistent aussi sur le caractère officiel et solennel de leur démarche. Certains soulignent en effet que ce ne serait pas suffisant pour eux de ne garder qu'entre eux deux, en privé, cet engagement mutuel qu'au contraire le mariage devant leurs familles et proches rendra public.

Pour certains couples très croyants en Dieu, ce mariage sacramentel coule de source car ils reconnaissent dans leur amour conjugal la présence de Dieu qui les appelle à faire alliance entre eux à l'image de son lien d'amour à l'Humanité. Comment ne pas bénéficier de cette source d'Amour, de don, de pardon qu'est Dieu, à laquelle ils pourront venir puiser toute leur vie durant ?

De mon côté, je leur propose quelques images susceptibles de suggérer ce qu'est le mariage qui implique et engage et dans lequel l'Eglise et Dieu lui-même les rejoignent.

Le mariage, c'est comme les deux versants d'une montagne adossés l'un à l'autre. L'un ne pourrait se dresser vers le ciel sans l'autre. Ils se soutiennent sans forcément tout savoir l'un de l'autre et voir forcément le même horizon. Toutefois ce qui les réunit est de permettre à qui les gravit de s'élever toujours plus haut, ce qui donne à voir plus loin !

Le mariage est à l'image de deux sources surgies d'une des pentes de la montagne. Elles deviennent torrents, ruisseaux qui se croisent et confluent pour faire route ensemble, deviennent rivières et fleuve, rencontrent des obstacles, se montrent parfois impétueuses, mais que la durée du temps passé ensemble finit par calmer et adoucir.

Le mariage, c'est comme des courants de vents qui, en se rejoignant, provoquent des vents ascendants grâce auxquels les amateurs de parapente ont toutes chances de se laisser porter et de voler…

Pourquoi avons-nous deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux jambes, deux pieds ? Pour tenir en équilibre, pour voir large, pour avancer un pied l'un après l'autre, pour écouter d'un côté comme de l'autre, pour mieux saisir ce qui nous est offert. Un couple, c'est deux personnes unies qui, distinctes et différentes, se complètent. Se marier, c'est exister, parler, dire, faire, rire, progresser à deux… Pourquoi Jésus envoie-t-il ses apôtres témoigner et guérir toujours à deux ? Pourquoi la relation est-elle au cœur de la nature de Dieu ? Pourquoi le lien social transforme-t-il l'individu en personne ?

Dans le mariage à l'église, le lien conjugal est reconnu, consenti comme un espace où Dieu d'Amour a sa place sans pour autant, au contraire, déposséder le couple de ses responsabilités, du don que chacun fait à l'autre, et ensemble pour les autres, à commencer par les enfants qu'ils font entrer dans le monde.

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Pourquoi et comment le rite pénitentiel lors des obsèques ?

Ce rituel, situé après l'évocation de l'existence du défunt, le signe de la croix et celui de la lumière allumée au cierge pascal, ne doit jamais avoir une allure de jugement et de reproches au regard d'une vie qui a pu connaître, comme tout itinéraire humain, ses hauts et ses bas, ses faiblesses et ses écarts, ses erreurs, ses ratés, ses ombres, ses tiédeurs, ses déviations et ses omissions…

En effet, même si certains proches sont très lucides des limites de leur défunt, jamais l'Eglise ne les poussera à les juger. On pourra même dire tout haut que Dieu est seul habilité à discerner dans la vie du défunt ce qu'il a fait de bien, de beau, de bon, de juste, et que c'est là une mission que nul n'a reçu. Tout au plus peut-on implorer Dieu d'activer ce qu'il est non seulement vis-à-vis du défunt, mais aussi de toutes les personnes assistant à ses obsèques, c'est-à-dire plein d'amour miséricordieux, à l'image du Père de l'enfant prodigue qui prend dans ses bras son fils "parti et désormais rentré à la maison". Ce Père lui-même ne prononce aucun reproche, aucune condamnation, il ouvre sa porte, sa maison, à ce fils qui avait mis tant de distance avec les gens de son milieu d'origine. Son frère aîné s'en offusque et il le dit.

Le rite pénitentiel n'est pas le lieu pour régler des comptes et faire payer la facture à un être que Dieu accueille. Par contre, omettre de parler de ces parts sombres de nos vies et par exemple ne dire que le bien accompli, comme s'il provenait des seuls choix et engagements du défunt, ce serait un risque pris de trahir la vérité d'une vie humaine jamais parfaite, toujours limitée et vulnérable, fragile, influençable, soumise aux tentations, conditionnée par les séductions et les attirances de son lieu de vie et de son temps, aux enfumages respirés. Il ne s'agit donc ni de juger et accabler, ni de laisser penser que l'on ignore, pire que l'on pardonne nous-mêmes les "péchés" et les erreurs d'une vie. Seul Dieu et les personnes blessées et offensées peuvent prononcer des pardons qui font effet. Même rétroactivement, on peut adresser à un défunt, par-delà l'espace et le temps, le pardon que l'on n'a pas pris le temps de s'accorder mutuellement en le verbalisant. On peut demander à Dieu, à Marie, à Jésus, de le transmettre au destinataire.

Aussi, pour préparer ce rituel pénitentiel, l'équipe d'obsèques aura soin de recueillir tout ce que voudra bien accepter de confier la famille du défunt, en pleine lumière, sans rien cacher de sa vie, ses choix, ses actes, ses attitudes, en bien et en demi-teinte…, pour se réjouir et dire merci à Dieu, mais aussi pour réclamer la miséricorde et le pardon de Dieu. Avec le seul désir d'être vrai, loin de toute hypocrisie et démagogie. On aura soin de montrer qu'être embrayé, impliqué, assumer des responsabilités d'homme et de femme, parfois nous compromet, nous laisse insatisfait car, comme l'avoue saint Paul lui-même, "je n'arrive pas toujours à faire le bien que je voudrais faire et je fais le mal que je voudrais éviter"… Les paroles prononcées dans le Je confesse à Dieu peuvent constituer un chemin d'examen de conscience, de révision de vie : "Je reconnais devant mes frères que j'ai péché, en pensées, en paroles, par actions et par omission".

Cette démarche pénitentielle n'est recommandée qu'aux funérailles d'une personne dont la vie comporte assez d'années et pas pour un enfant par exemple. Comme toute célébration à l'Eglise témoigne de l'amour de Dieu pour nous et tous les humains ses enfants, faire une place explicite aux erreurs, au mal et aux blessures provoquées, volontaires, personnelles ou collectives, n'est-ce pas se donner aussi, en Eglise, de témoigner de la façon dont Jésus et les chrétiens ont un regard et un rapport particulier au mal et à l'usage déviant de la liberté… En effet, n'avons-nous pas avant tout à montrer que bénéficier du salut de Jésus n'est pas illusoire et qu'avoir foi en Dieu, dont la nature est d'être miséricordieux, remplit nos cœurs de confiance et d'espérance en la vie éternelle ?

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