Pourquoi constate-t-on aujourd'hui une désaffection pour la pratique religieuse et si peu de volontaires pour témoigner de la foi ? Certes on ne refuse pas des discussions sur la religion, mais c'est souvent pour dire que celle-ci est dépassée au sein de la modernité.

Ce qui mobilise et motive aujourd'hui, ce qui fait courir les foules, c'est le "pouvoir d'achat" qui donne celui de consommer. L'acte d'acheter permet de s'approprier des choses jugées utiles, voire indispensables, d'ouvrir les portes des loisirs et des distractions. Or il y a tant de choses à consommer que chacun y déploie toute son énergie et y perd la liberté que pourtant il croyait pouvoir y trouver.

Chacun recherche non le bien  mais ce qu'il entend dire être bon. On n'est pas seulement invité à trouver réussite et bonheur dans l'acquisition de choses matérielles, mais dans l'appropriation d'idées fabriquées par d'autres. Les capacités d'analyse critique, de discernement intellectuel et moral, subissent un matraquage qui endort insidieusement les forces de résistance. La pensée unique, un comportement uniforme, des stéréotypes finissent par s'imposer comme la "culture" découlant de la "modernité". Je prie quand ça me plait. C'était bien, je ne me suis pas ennuyé. La mélodie musicale et le rythme ont enlevé toute importance aux paroles de la chanson.

A force de préférer les choix matériels, notre existence devient matérialiste. Faut-il alors s'étonner d'être gagnés par la vanité, la cupidité, la jalousie, l'âpreté au gain sans fin, la conformité à "l'esprit du monde" ? Est-il donc si étonnant que le recueillement et le silence, l'intériorité, la contemplation, l'invisible face cachée de notre vie subissent aujourd'hui une désaffection ?