J'ai aimé voir sur un trottoir, sur le seuil d'une maison, des sacs de pommes avec cet écriteau : "Emportez-moi... je suis à vous pour devenir de la bonne compote..." Cette personne âgée qui possède un verger a donc pensé à partager avec les gens de son quartier.

J'ai du respect pour ces responsables d'une association qui, ayant programmé un concert de plein air, ont pris l'engagement d'interrompre toute musique au moment où était célébré un mariage dans l'église toute proche. Le vivre ensemble pacifique ne tient-il pas aussi à l'attention aux autres ?

J'ai été peiné par ces questions en forme d'inquisition exprimant l'étonnement de quelqu'un de voir une croix autour du cou de son amie : "Tu tiens encore à ces croyances archaïques ?" La personne, certes blessée dans ses convictions intimes, a pourtant saisi l'occasion de dire sa foi, en parlant d'énergie intérieure pour avancer en présence de Dieu, au travers le meilleur et le pire de la vie.

J'ai été heureux de retrouver 16 jeunes professionnels après le temps d'été, propice aux expériences et aux rencontres. Le thème de la rencontre invitait chacun à raconter ce qui l'avait marqué et enrichi. Les uns ont parlé d'un pélé au service des malades à Lourdes. Une autre d'un pélé en Palestine sur les pas de Jésus, à la découverte de ce qu'il a vécu. Deux couples ont franchi l'étape du mariage. Une jeune femme a donné la vie à un enfant. Un jeune ayant longtemps cherché vient enfin de trouver un emploi durable. On le sent heureux d'être reconnu dans ses capacités.

Il y a peu, une maman m'interpelle dans les couloirs d'une école catholique : "mon enfant me dit qu'il ne croit pas en Dieu à cause du "bigbang" de la création, pensez-vous qu'il puisse quand même préparer sa première communion ?" J'encourage l'enfant à poser toutes ses questions quand je passerai les voir en classe. Ce que je fais volontiers de temps en temps...

Récemment installé curé de la Paroisse Notre-Dame, j'ai été ému d'entendre le vicaire épiscopal faire la lecture de ma nomination et d'avoir à proclamer publiquement ma foi comme le prévoit le droit canon. Mais je trouve que cette célébration "protocolaire" illustre bien cette vérité que dans l'Eglise nul ne s'attribue à lui-même sa mission, mais que chacun la reçoit…