Dans la cour intérieure du presbytère, un couple de merles a construit un nid où deux oisillons ont trouvé la vie. Avant de voler de leurs propres ailes et de trouver leur autonomie, ils ont pris la cour pour banc d’essai ! Habitants de cette maison paroissiale, nous avons assisté à leurs tentatives répétées de s’envoler ! Ils butaient contre les murs et les vitres, s’échouaient brutalement au sol. Ils se sont un soir réfugiés dans notre salle à manger, non sans laisser des traces de leur passage. Et lorsque le matin ils ont été mis au dehors, il a fallu entendre le concert de retrouvailles que leurs parents leur ont réservé ! Et des becquées de vers immédiatement leur ont été remises en guise de petit déjeuner.

J’étais dans l’admiration devant l’attention de ces parents sans doute inquiets de ne plus avoir leurs petits à l’œil ! Je me disais aussi que, tombés du nid en un lieu plus risqué et à la merci de rongeurs ou de quelque chat, ils auraient peut-être perdu leur vie et n’auraient jamais connu la joie d’être des oiseaux confirmés.

Parfois les humains prononcent le mot instinct avec dédain... Alors que, avec ce merle et cette merlette, j’ai vu que suivre leur instinct faisait d’eux des parents attentifs et performants. Leurs oisillons d’enfants n’ont apparemment jamais manqué de nourriture ni de confiance. Du haut des toits et de leurs envolées, ils surveillaient les prouesses répétées et de plus en plus réussies de leurs petits, jusqu’à ce jour où, devenus capables, ils se sont envolés !