Jésus allait à la rencontre des gens. Il s'arrêtait, écoutait et parlait. S'il le fallait, il secourait qui en avait besoin. Malades, handicapés, pécheurs, exclus et blessés de la vie..., Jésus agissait en leur faveur. Son amour des personnes et des foules rencontrées était permanent.

Or il est rare que les évangiles fassent mention de signes de reconnaissance de la part des bénéficiaires de l'action bienfaisante du Christ. Sur 10 lépreux guéris, un seul reviendra sur ses pas pour dire merci à Jésus. C'est plutôt l'ingratitude qui heurte le lecteur des évangiles.

Pierre est appelé à marcher tout près de Jésus pendant trois ans. Lui, si proche, dira du maître, par trois fois, qu'il ne le connaît pas.

Sur les douze disciples dont Jésus dira : "Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis", un seul, Jean, sera au pied de la croix pour assister Jésus à sa mort et Marie sa mère dont le cœur est douloureux de perdre ainsi son fils.

Amnésique et versatile, telle est cette foule qui a tant écouté les paroles de Jésus et qui, après l'avoir tant acclamé à son arrivée à Jérusalem, réclame que Pilate le condamne de préférence à Barrabas.

La culture dans laquelle nous baignons actuellement nous porte-t-elle à la gratitude et à la reconnaissance ? Que de fois voit-on des gens réclamer, exiger, faire valoir leurs droits et leur dû... et si peu de gens dire merci à l'autre qui leur a fait du bien...

Or, savoir et aimer dire merci à l'autre, c'est, au-delà de la simple politesse, lui confirmer que son existence compte beaucoup pour soi. Dans une société où tout s'achète et se vend, la gratuité et la gratitude sont des biens précieux qui tissent la toile des liens humains.