La nécessité de prier ne naît pas d'une démission des responsabilités humaines qui reviennent à chacun selon ses moyens. La prière n'est ni une évasion, ni un refuge qui nous éviteraient de regarder les difficultés et de nous y confronter. La prière n'est pas non plus le dernier recours et la dernière chance après avoir tout essayé.

Prier, c'est associer Dieu à notre regard, à nos joies, nos peines et nos engagements. Plus encore, c'est rejoindre le regard et l'action de Dieu et se mettre à son service. Face à des événements majeurs, l'on se sent démuni. Prier, c'est entrer dans l'immense réseau d'action de Dieu pour y apporter sa participation, fusse-t-elle limitée et localisée dans l'intime d'une conscience. Prier, c'est laisser de la place et du temps à Dieu dans ma vie. Dieu est de ce fait davantage présent en humanité.

Le besoin de prier ne survient pas seulement dans les circonstances exceptionnelles ou désespérées. La prière accompagne le croyant comme le téléphone portable accompagne le voyageur. Tout le temps et partout, le croyant peut s'adresser à Dieu. La prière est l'arme secrète pour combattre le mal, elle est le cadeau intime offert aux frères blessés que je ne puis visiter. La prière est un engagement spirituel, solidaire et efficace. Elle est individuelle ou communautaire. Parce qu'elle est élan du coeur, elle est toujours personnelle.

A l'appui des initiatives, la prière, à la fin des choses accomplies, la prière, devant les choses imprévisibles ou impossibles, la prière. La prière est la force du croyant.