27 novembre 2009
Entrer en Avent pour un Noël « différent »…
Dans une année, le christianisme prévoit deux temps
forts, l’Avent et le Carême, qui invitent chacun à une reprise en main de sa
vie. Cet éveil et ce réveil spirituels se concrétisent en plusieurs domaines.
Dans la période d’incitation à l’hyperconsommation liée à l’approche de Noël,
ne sommes-nous pas conviés à maîtriser les tentations d’acheter ? N’y
a-t-il pas lieu de faire une liste raisonnable d’achats en nous attachant à
cette conviction que l’intention et la qualité de la relation comptent avant
tout ? N’est-ce pas l’occasion de re-caler nos préférences et nos
priorités dans nos vies ? Si nous pensons vraiment que l’homme ne vit pas
seulement de pain, peut-être pouvons-nous offrir plus de notre temps précieux ?
Au lieu de donner des choses matérielles parfois coûteuses, pourquoi ne pas
partager des biens spirituels personnels, tels que savoirs, conseils, sagesses,
comme on offre des fruits et des légumes de notre jardin familial…
Le temps de l’Avent, dans un monde frénétique où l’on
exige tout tout de suite et à tout prix, n’est-il pas un entrainement intensif
à maîtriser ses instincts, ses impatiences, ses exigences, la fougue de son
caractère ? Le temps de l’Avent, à l’instar des gymnases et des stades, ne
permet-il pas de nous exercer à développer nos qualités, à réduire nos défauts,
à nous ouvrir davantage au Monde et aux autres ? Dans une société et une
époque où la Parole et la communication font et défont la vérité, qu’en est-il
de l’usage de notre langue ? De nos oreilles ? De notre faculté de
discerner ? De juger ! Cultivons-nous silence, bienveillance,
tolérance, mais aussi franchise, lucidité et sincérité, modération et
pondération ?
Amis lecteurs, vous l’avez compris, je vous invite à
mettre à profit ces temps favorables de l’Avent, qui précède Noël, et du
Carême, les 40 jours avant Pâques, pour investir dans des valeurs spirituelles
qui redonnent à chacun la liberté et la responsabilité de soi. Avoir ou manquer
beaucoup risque toujours de nous amputer du devoir et du droit de conduire
nous-mêmes notre vie. Cependant, s’il revient à chacun de tenir la barre de son
embarcation, ce n’est qu’en s’associant à d’autres que résister créera un
courant influent et bénéfique pour tous.
Dans cet esprit, depuis plusieurs années déjà, des
mouvements tels que le CMR, le MRJC, le MCC, l’ACI, l’ACO, le CCFD, Pax Christi
et d’autres encore, invitent les gens de bonne volonté à maîtriser leur
consommation, en particulier au moment de Noël. Car Noël est trop souvent
l'occasion d'une surconsommation de produits. Trop souvent, à Noël, l'inégalité
du pouvoir d'achat fait ressentir les disparités entre les riches et les
pauvres. Alors que Noël devrait donner du bonheur, parfois cette
"fête" éclabousse et attriste par les "excès". Or, cette
année encore, un certain nombre de groupes chrétiens, sur la proposition du
mouvement Pax Christi, lancent un appel à toutes les personnes de bonne volonté
pour faire de Noël 2009 une fête joyeuse mais modeste. Un Noël qui privilégie
la qualité d'attention et d'affection par rapport à la quantité d'achats
déposés dans les caddies. "Il ne s'agit pas de ne pas faire la fête,
mais de la faire autrement", déclarait il y a quelques années Mgr Marc
Stenger, président de Pax Christi. ..."Il s'agit de modifier nos modes
de vie..." Et il ajoutait : "Préparons-nous dans la joie à
célébrer Noël dans la sobriété et une consommation raisonnable..."
L’Avent
Qui, dans
sa vie actuelle, ne se sent souvent pressé d’aller vite, en tous cas de ne pas
perdre de temps ! Depuis les moyens de plus en plus sophistiqués pour
communiquer instantanément jusqu’aux extrémités de la terre, en passant par le
gain de temps permis par le TGV, jusqu’aux moyens mis en œuvre pour gagner du
temps dans les cadences afin d’améliorer la productivité…Depuis l’écriture
texto qui s’affranchit de toute orthographe, en passant par le mail que l’on
dépose sur le champ dans la boîte du correspondant internaute, jusqu’au
« chronopost » dont on attend des records de vitesse ! Le sport
lui-même est lié aux « scores » réalisés dans les compétitions, qui
sont sans cesse à battre ! Tout semble vouloir nous faire croire que
l’avenir appartient à ceux qui vont vite et savent presser le pas, et
compresser leur temps.
Or il est
dans une année liturgique des étapes qui invitent les croyants à prendre du
temps, à ralentir leur pas, souffler, réfléchir, scruter l’horizon et vérifier
le sens. Ainsi est le temps de l’Avent qui offre la possibilité d’une attente
motivée et mobilisée.
Marie est
enceinte. Avec Joseph, elle prépare et se prépare à la naissance de son enfant.
Toutes les femmes qui deviennent mères vivent intensément cette période qui précède
l’accouchement. Plus encore que tous les éducateurs, les parents savent qu’il
existe des saisons biologiques qui ont besoin que soit respecté le temps qui
leur est normalement attribué. Un proverbe dit que ce n’est pas en tirant sur
les carottes qu’on les fait pousser plus vite… Il est un temps pour tout, dit
si bien le Livre de la Sagesse. Aussi le temps d’Avent peut-il être fécond et
fructueux pour qui en fait une occasion de retour de soi, de maîtrise des sens,
d’entraînement à la vraie liberté et à la responsabilité. Nul ne perd jamais de
temps à reprendre en main la conduite sereine de son existence, de ses choix et
décisions, dans la fidélité éveillée à ses engagements. Se laisser conditionner
par le temps accéléré, c’est prendre le risque de se laisser emporter par les
vagues et les courants, les vents dominants et dérivants…
Rien ne
sert de courir, il faut savoir où l’on va et par quel chemin sûr on s’y rend.
Le temps de l’Avent développe en soi la capacité d’attente, de patience, de
confiance et d’Espérance. Il invite à accroître en soi la Foi qui consiste à
croire que celui qui est attendu est déjà là…
Vous dites Dieu tout-puissant ? De quoi parlez-vous ?
Dès le récit de la Genèse, Dieu crée la relation non pour se l'approprier, mais pour en faire un espace de liberté, de responsabilité. Dieu confie la Terre à l'homme. Il lui fixe un interdit : l'arbre de la connaissance. C'est pour que l'homme ne succombe pas à la tentation de se faire Dieu et en oublie d'assumer sa dignité d'homme. C'est aussi une frontière pour Dieu, qu'il s'interdit de dépasser pour respecter la liberté créatrice de l'homme. Et c'est pour tous deux, Dieu et l'homme, une chance de relation, d'alliance. Dans toute la Bible, on voit Dieu faire appel à l'homme, Abraham, Moïse, les prophètes, pour accomplir son œuvre. Dieu sollicite, fait participer. La Toute-Puissance, la transcendance de Dieu des Juifs ne passe jamais outre aux capacités humaines. Dieu s'associe toujours le concours de l'homme.
Dans les Evangiles, Jésus, qui dira un jour à Philippe "Qui me voit, voit le Père", passe son temps à contacter, entrer en relation. Et, dans l'espace de cette relation, Jésus appelle : "Si tu veux, viens et suis-moi". Sa Puissance n'est pas de contraindre, de soumettre, mais de mettre debout et en marche les gens qu'Il rencontre. Pour faire alliance libre et responsable. Le jeune homme riche ne suivra pas… Beaucoup laissent tomber en cours de route… Jésus révèle une forme de puissance divine inédite. Dans la pauvreté, la faiblesse et la grandeur de l'Amour. Et de perdre la vie à la Croix ne lui fera nullement perdre sa divinité. Jésus nous montre la Puissance de Dieu sous un aspect tout différent de celui imaginé par les croyants eux-mêmes. De cette démonstration, Jésus puise les éléments dans la nature même de Dieu. Dieu dont la nature est Relation. Non pas solitaire mais communautaire. Relation, association. Communion de trois personnes distinctes et différentes. En Dieu Trinité, l'altérité fait place à la relation et à l'Alliance.
Ce Dieu de Jésus-Christ n'est pas du genre à s'imposer, dominer et occuper tout l'espace. Il n'envahit pas l'homme. Il demeure discret. Attentif à laisser grandir l'homme, et développer ses aptitudes à l'initiative, à prendre ses responsabilités dans la liberté de sa conscience.
Ce Dieu de Jésus-Christ ne réclame pas un pouvoir politique ni son effigie partout. Il ne voudra ni intervenir à chaque instant, ni prendre la place, ni être le drapeau d'un parti contre un autre.
La société démocratique
bâtie sur l'expression et le débat, encourageant la participation et
l'initiative, n'est-elle pas dans la suite logique de Dieu qui est lui-même
dans sa vie intime relation et communauté ? Comme Dieu Trinité, comme a vécu
Jésus, comme doit vivre en communion l'Eglise, ainsi la société humaine
est-elle peut-être appelée à vivre. Dans la diversité, la pluralité, les tables
rondes pour s'accorder, à la recherche de son unité. N'est-ce pas cela qui se
cherche dans la mondialisation ?
13 novembre 2009
Ne nous trompons pas de « secours »…
Devant
toute forme de pauvreté et de manque flagrant, plusieurs façons de se situer
s’expriment. Les uns vont crier à l’injustice et n’avoir de cesse de chercher
les coupables, d’autres vont compatir et vont faire spontanément un don pour
« secourir », d’autres encore vont chercher à savoir et analyser les
causes de cette situation de pauvreté en alléguant que la seule aide valable et
durable, c’est celle qui éteint le foyer d’un incendie. Il est aussi des
personnes qui détourneront la tête en déclarant que, si ces gens sont dépourvus
de tout, c’est qu’ils l’ont bien voulu…
Certes les
inégalités économiques et sociales sont les plus apparentes. Les uns
« ont » et « possèdent ». Ils déroulent normalement leur
vie en élaborant des projets et se fixant des objectifs. Parfois ils
réussissent. Et devant les difficultés qui se dressent sur leur route, ils se
battent et recherchent des solutions pour les surmonter. Ils semblent assurés
de pouvoir accomplir avec efficacité tout ce qu’ils entreprennent. Tandis qu’à
côté de ces gens il en existe d’autres qui semblent manquer de tout. Ils ont si
peu l’expérience de résultats positifs qu’ils se sont installés dans une
situation de manque et d’incapacité acceptée. Ils ont « baissé les bras »,
convaincus que la pauvreté est leur destinée, comme la capacité à s’en tirer
l’est pour d’autres.
Car cette
mentalité, qui s’apparente au fatalisme, verrouille l’existence des personnes
qu’elle atteint. Tant qu’on n’a pas aidé un « pauvre », un « démuni »,
à changer l’image « fatale » qu’il a de lui, on n’a pas pris les
moyens de l’aider vraiment ! Qui a côtoyé les gens en détresse sait qu’à
la racine de leurs maux il y a une démission, une sorte de renoncement à
relever les défis de la vie, et qu’ils ont fini par en prendre leur parti. Aussi,
puisqu’eux ne croient plus en eux-mêmes, il faut que d’autres continuent à
avoir foi en leur vie… On peut donc affirmer que les vraies fractures et
inégalités de la vie ne sont pas seulement dans l’inégale répartition des
moyens économiques. Elles se situent plutôt dans l’inégalité des ressources
intellectuelles et morales, voire spirituelles, qui font la différence du
« pouvoir s’en sortir » face aux mêmes problèmes. Si l’on veut aider
vraiment des gens à se « remettre debout » et devenir « capables
et responsables », il faut porter secours à leur « mentalité »
démissionnaire et assistée. Devant les mêmes déboires et avec les mêmes moyens,
l’un s’en tire et l’autre s’enfonce. Voilà l’inégalité foncière de la vie.
Donner
sans retour ni compensation à une personne en détresse, c’est même parfois
aggraver encore plus la situation de dépendance et d’échec dans laquelle elle
se trouve. C’est l’habituer à penser qu’elle ne se situe dans la société que
par sa « main tendue pour réclamer de l’aide »… Lutter à ses côtés,
c’est lui faire retrouver au fond d’elle-même la confiance en soi qui
déverrouille les mécanismes de résistance, de lutte, de résilience et fait
prendre les décisions les meilleures.
Seule
cette posture-là décape les pierres de la dignité humaine enfouies sous tant de
vexations, de déconvenues, de chutes en cours de route. Un pauvre, un
handicapé, un chômeur, sont d’abord des personnes pourvues de dignité humaine
qui, comme un feu au petit matin, ont besoin que quelqu’un souffle sur les
braises pour qu’il se rallume.
09 novembre 2009
La Parole et ses exigences
Pour être écouté et
crédible, celui qui parle doit ensuite produire les résultats tangibles qu’il
annonce. Personne ne s’intéresse plus aux discours du haut de la chaire ou
censés être admis en raison de l’autorité de celui qui les prononce. Notre
époque réclame des témoins dont les actes attestent la vérité de ce qu’ils
disent. Les conseils peuvent être utiles, les engagements sont toujours exemplaires.
Il est des gens qui
s’écoutent parler, d’autres qui se font remarquer en prenant systématiquement
le contrepied de la pensée exprimée par les autres. D’autres parlent pour ne
rien dire. Il est des gens qui n’écoutent jamais et qui parlent à jet continu,
comme un torrent qui envahit l’espace de ses flots et de son bruit. Comment ne
pas préférer entre toutes les personnes qui réfléchissent avant de parler et
dont les paroles invitent ceux qui les écoutent à réfléchir eux-aussi ?
Comment ne pas préférer aux bavards, dont les paroles ininterrompues
ressemblent à de la pluie qui tombe sur une terre qui ne l’absorbe pas, les
personnes dont la capacité à communiquer est ajustée à l’interlocuteur et aux
circonstances ?
Il est des gens dont la
prise de parole a l’effet d’un pavé dans la mare, inattendu et violent.
Certaines personnes ont le verbe tellement haut que leurs paroles arrivent avec
violence aux oreilles de ceux-là même qui souhaitaient ne rien entendre. Il est
des personnes qui se répandent en flatteries pour éviter d’avoir à expliquer
leur propre pensée. Certaines, au contraire, n’ont que dénigrement à la bouche,
espérant ainsi briller en contraste par leurs idées différentes. A leurs
discours toujours négatifs, destructeurs, blessants et diffamatoires, certains
se taillent une réputation de semeurs de mauvaises graines dans leurs champs
et, à la faveur de l’obscurité, dans le champ des voisins.
« Tu ne réponds
rien », disait Pilate à Jésus. Le silence ne remplace pas la parole, mais il
lui permet de prendre toute sa valeur. La Parole est comme un visiteur sur le
seuil de la maison d’un voisin. Elle peut être entendue, priée d’entrer et de
s’asseoir, de demeurer. Elle peut aussi trouver porte close et rebrousser
chemin sans qu’un vrai contact ait été établi. On peut parler à tort et à
travers, détourner la parole de l’interlocuteur, lui couper la parole, la
transgresser, la falsifier, la manipuler, la piller comme on pille une mine à
ciel ouvert, ou même la gaspiller. Notre Parole est-elle du Pain sec, rassis,
ou du Pain frais et nourrissant pour nos auditeurs ou interlocuteurs ?
Toutes ces simples
réflexions sur la Parole ne doivent pas nous faire oublier que, si « la
Parole est d’argent, le silence est d’or »…
07 novembre 2009
Prière d’ado-naissant…
Seigneur, permets-moi de te
confier ma vie puisque je sais que tu t’intéresses à moi et que je crois en
Toi.
Je te parlerai d’abord de
mes parents, dont j’apprécie l’affection et l’attention, mais envers qui il
m’arrive d’être impoli et impatient. J’aime bien mes frères et sœurs, mais suis
parfois jaloux et injuste à leur égard, surtout quand il s’agit de répartir des
services à la maison.
L’école demande des efforts
et du courage pour apprendre, participer, travailler en classe et chez moi.
Aide-moi à développer en moi le goût et la ténacité de chercher, la volonté
dans la durée. Que je respecte les élèves qui ont du mal à suivre en classe,
comme ceux dont je pourrais envier les capacités scolaires. Sur les terrains de
sport, que je sache fournir le maximum d’efforts et d’habileté, tout en
essayant de faire gagner l’équipe sans mépriser l’adversaire.
Seigneur, fais que
j’apprenne à exercer ma liberté pour discerner quels choix je dois faire.
Aide-moi à accomplir ce que j’ai décidé. Et à demeurer fidèle à mes engagements
personnels tant vis-à-vis de moi-même que de mes amis. Seigneur, donne-moi de
cultiver des relations d’amitié qui encouragent à mener une vie droite et juste,
généreuse et ascendante. Donne-moi l’humour qui me permette de transmettre la
gaieté autour de moi. Donne-moi de développer mes qualités et mes talents, de
combler mes manques et de polir mes défauts.
Seigneur, accorde-moi d’être
reconnu digne de confiance par ma famille et mes amis, et donne-moi d’avoir aussi
confiance en moi. Fais-moi choisir d’être sincère et vrai. S’il m’arrive d’être
critique, que je le sois avec modération et correction. Garde-moi, Seigneur, de
juger et encore moins de condamner. Si je suis amené à exprimer mes
convictions, que je le fasse avec exactitude et ouverture sur celles des
autres.
Tout en étant friand
d’ordinateur, de portable et de télévision, que je ne sois accro d’aucun objet
ou habitude qui me priverait de liberté et de disponibilité. Fais que je fasse
tout avec enthousiasme sans me prendre au sérieux. Que je sache recevoir des
cadeaux sans jamais les exiger. Que je sache me passer des choses inutiles et
me détacher de celles qui sont superflues.
Passionné par tout ce que la
vie me fait découvrir et aimer, que je n’oublie pas de te remercier et de te
louer pour ce monde immense et beau, comme pour cet univers gigantesque à
explorer et respecter.
Je crois en la résurrection de la chair et en la vie éternelle…
Les chrétiens disent cette
phrase du credo chaque dimanche. Beaucoup s’interrogent sur ce qu’elle signifie
vraiment, tant l’expression « résurrection de la chair » leur parait
inimaginable. D’une façon réaliste, chacun se demande comment un corps qui est
passé par la mort peut revivre, fût-il qualifié de « glorieux ».
Réfléchissons sur le mot
« chair » en nous aidant de St Jean qui, au chapitre 1 de son
évangile, décrit la venue de Jésus comme une Incarnation : « Le
Verbe de Dieu s’est fait chair ». Que nous dit-il ? L’Esprit
divin s’insère dans l’humain, c’est-à-dire en un temps, un lieu, une lignée,
une culture, un être, un Peuple. Jésus est venu de Dieu pour être un homme et
tracer à celui-ci un chemin certain qui le conduit au Père des cieux. Chacun
nait avec cette double vocation de vivre sur terre et d’aller chez Dieu. Ainsi,
prendre chair, pour Jésus, est le mouvement qui le rend singulier et
particulier, quelqu’un sur terre. Dans le mouvement inverse, la résurrection de
la chair c’est pour un être humain retrouver sa source originelle et universelle,
sans renoncer à ses richesses humaines développées durant sa vie terrestre et
qui prennent leur valeur plénière en Dieu. Oui ! Tout ce que chacun vit
dans sa chair et dans sa vie terrestre de juste, de bon, de bien, de concret,
de réel, n’est pas anéanti par la mort,
mais transformé, divinisé, et trouve sa finalité en Dieu qui est le Tout,
l’Absolu, l’Eternel. Chacun demeure soi-même, singulier et particulier, mais
dans la communion de Dieu qui réunit tout être en Lui.
Mais alors, que fait Dieu
de nos erreurs, de nos mauvais choix destructeurs et défigurants, de nos
bêtises, de nos omissions coupables, du mal commis ? Jésus-Christ, notre libérateur
et sauveur, tamise nos vies pour ne garder que ce qui peut demeurer en Dieu. La
mort est donc un passage de vérité, comme une sorte de portique électronique.
Chacun doit se débarrasser de tout ce qui en sa vie peut porter à de mauvaises
intentions, blesser, détruire…
On peut aussi évoquer la
mort comme un dépouillement du physique conditionné pour accéder à un être
spirituel sans restriction. Or, le
premier à être retourné dans la Trinité avec une chair de ressuscité, c’est
Jésus lui-même. Ainsi nous est-il possible de croire que tout ce qui, dans
notre vie actuelle, parait opaque, lourd, difficile, tout ce qui brouille la
communication, nous empêche de connaître et d’apprécier, tout cela est enlevé
de notre chair mortelle en faveur d’une vie libre, relationnelle, communionnelle
en Dieu Trinité de personnes formant communauté, vivant non en circuit fermé,
mais ouverte sur le monde.
« Oui,
je crois en la Résurrection de la chair et en la Vie Eternelle. Amen ».
