Tout naît et tout finit. L'être humain aussi. La longueur et la teneur d'une vie ne changent rien à cette condition humaine universelle. Face à ce fait objectif que chacun constate, certains croient en une vie après la mort. D'autres nient toute vie en dehors de celle comprise entre la conception et le décès. La mort débouche sur l'anéantissement complet, disent certains. La mort débouche sur une vie déjà  commencée mais qui se dépouille de son enveloppe physiologique, physique, charnelle, pour se transformer en une vie sans limites ni spatiales ni temporelles, qualifiée d'éternelle, disent d'autres.

Les uns et les autres ne peuvent apporter les preuves rationnelles et  expérimentales de ce qu'ils croient. Pour les croyants, la foi prend le relais de la Raison qui avoue ne pouvoir se prononcer qu'en termes de savoir observable et  démontrable. Pour fonder leur conviction, les chrétiens font appel à la confiance qu'ils ont en Jésus-Christ mort sur une croix à 33 ans et déclaré "ressuscité", relevé du tombeau, par des témoins dont la vie a été bouleversée et radicalement réorientée à cause de cette expérience qu'ils ont faite du Christ ressuscité. Convaincus que le Christ est vivant, leur vie passe de la peur à l'audace, du doute à la foi (Thomas), du reniement à la foi (Pierre), de l'ignorance à la connaissance (la conversion de Paul). Comment une supercherie aurait-elle pu générer l'Eglise des commencements jusqu'à maintenant à travers les vicissitudes, les persécutions, les faiblesses de ses serviteurs qui ont jalonné ses 2000 ans d'histoire ?

Or, si le Christ est sorti de la mort, c'est pour être vivant, autrement, en son Eglise. C'est aussi pour s'offrir comme un chemin où chacun(e) peut marcher et   aller vers Dieu pour demeurer en lui éternellement. Les chrétiens croient que l'horizon de leur existence n'est pas la mort, mais la vie divine. Entre la vie actuelle et la vie éternelle, il y a la ressemblance et la différence entre la chrysalide et le papillon, le même insecte mais transformé et évolué, arrivé à maturité. Le temps d'une vie n'est pas de trop pour parvenir à ce stade où l'on peut passer d'un bord à l'autre, comme un bateau accoste à l'autre rive après une traversée plus ou moins difficile et risquée. La mort peut encore être ce moment où le montagnard parvient au sommet de la montagne et passe d'un versant gravi à l'autre versant caché qu'il ne peut découvrir qu'en quittant le premier.

Tout ce qu'il y a de divin dans le cœur humain, l'amour, par exemple, est garanti d'éternité par Dieu. Car Dieu ne meurt pas. Il EST depuis toujours et pour toujours. Ce que quelqu'un a développé en lui et qui a son origine en Dieu n'est pas détruit mais retrouve sa source, tel que la liberté, la vérité, la justice et, principalement, l'Amour. Ce que St Jean a traduit en disant : "Mes bien-aimés, parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie".