Pâques est célébré en nos régions au moment où le Printemps fait avec éclat renaître la nature. Les perce-neige ont déjà agité leurs clochettes pour annoncer la fin de l'hiver. L'aubépine, un beau matin sans avertir, s'est revêtue de fleurs blanches. Les oiseaux blottis s'envolent, égaient le lever du jour de leurs cris et préparent leur nid. Les prairies verdissent comme si un mystérieux "semeur" avait secrètement jeté partout des graines par milliers. Même les   taillis, les fourrés, offrent à voir des jonquilles, des violettes et des pâquerettes aux passants ravis. Sur tous les arbres et sur la vigne que les froids avaient    gelés, que l'on avait pu croire morts tant ils étaient gris et tristes, des  bourgeons surgissent, annonçant les feuilles, les fleurs et les fruits qui reconstitueront leur garde-robe estivale.

Les cours des immeubles en ville et les places des villages en campagne retrouvent des enfants qui s'ébattent en jeux de plein air. Les petits ruisseaux que les glaces tenaient prisonniers sont redevenus libres d'exprimer leur mélodieux  gazouillis. Le marché sur la place a retrouvé tous ses étals et tous ses habituels clients. Les chrétiens âgés qui craignaient l'état de la route et le rude climat hivernal retrouvent fidèlement le chemin de l'église et les visages connus de la communauté priante et      chantante. Le groupe des enfants préparant leur première des communions  évalue le chemin parcouru qui leur a fait mieux connaître et aimer Jésus. Les enfants qui prononceront leur Profession de foi lors de la Veillée Pascale vont vivre, Bible en main, leur troisième journée de réflexion et de prière. Les couples qui se préparent à se marier à l'Eglise se réunissent pour parler d'Amour et de Foi. Ils ont conscience que cette étape est décisive dans leur existence personnelle et commune. L'arrivée au monde de bébés, avec les baptêmes qui les accueillent dans l'Eglise, contribue aussi en cette période pascale à créer une atmosphère de Renouveau et même de Renaissance : nous voici invités à nous ressourcer à la source de l'Espérance qu'est la Résurrection de Jésus-Christ.

Croire le Christ vivant parce qu'il a vaincu définitivement et pour tous les forces de mort est la clé de voûte de l'Espérance chrétienne. Rien de ce que nous croyons n'aurait de sens si cela n'était éclairé et aimanté par Jésus surgi de la mort. Ce chemin tracé par lui qui n'a rien omis de la condition humaine est désormais le chemin des chrétiens. Il aboutit à Dieu comme le fleuve va à la mer et le lever du soleil au jour. Bien sûr, savoir qu'existe une vie après la mort n'enlève pas les tentations, les pièges et les fardeaux rencontrés en cours de route et qu'il faut bien affronter ! Pourtant, croire Jésus vivant marchant à nos côtés comme avec les deux disciples d'Emmaüs, c'est recevoir la grâce de trouver sens à l'existence et énergie pour avancer ! Ce n'est pas parce que l'Eglise garde la mémoire de Jésus qu'Il est vivant, mais c'est parce qu'Il est  ressuscité que l'Eglise, son Corps actuel, continue de vivre à travers le temps.