Il arrive que des enfants dérapent dans leur attitude vis-à-vis des adultes. Ils se montrent très effrontés, ils peuvent être très "impolis". Ils dépassent les bornes de la "tenue" minimale attendue. Mais souvent ces adultes agressés verbalement par les enfants ne savent comment réagir tant les propos qui leur ont été adressés les ont blessés et bouleversés. Un enfant allant jusqu'à provoquer la personne en lui disant : "Tu ne peux pas me frapper, car tu n'es pas ma mère. Sinon, je te dénoncerai".

 

Cet irrespect scandaleux ne doit pas être généralisé à tous les enfants d'aujourd'hui. Mais faut-il se contenter de regretter et de subir ? Faut-il aller trouver les parents parce que l'on estime que ce serait d'abord eux les fautifs d'avoir tant négligé d'avoir donné des bases d'éducation à leurs enfants ? Faut-il renoncer à offrir services et temps dans l'animation d'enfants parce qu'on ne supporte plus d'être ainsi "malmené" ?

 

Quoi qu'il en soit du choix qui est fait après une telle "épreuve" par une "mamie" qui a tant donné, en sa vie, au monde des enfants, ces faits de "violence et d'intolérance verbales" nous amènent à poser quelques graves questions. Où ces enfants ont-ils appris tant de grossièretés ? Pourquoi recourent-ils si facilement au mensonge pour échapper à des remontrances ?

 

A force de tourner en dérision les croyances religieuses, les convictions intimes, les valeurs humaines de respect, de dignité, à force de discréditer les grandes institutions comme l'école et la politique, ne favorise-t-on pas le doute sur tout ? Ce peuple vulnérable et influençable que sont les enfants et les jeunes ne puise-t-il pas dans ce relativisme ambiant les raisons de satisfaire ses pulsions de "dominer" autrui ? Et ce qu'il n'entend pas, il le voit s'afficher dans la rue sur les panneaux publicitaires, dans des séries de télé ou sur internet, dans la cour de récréation de son école ou sur le terrain de sport, dans les files d'attente ou dans les magasins.

 

La violence s'affiche partout comme solution aux antagonismes, mais plus encore comme moyen de "prévalence" sur autrui. A force de proclamer haut et fort qu'il est interdit d'interdire, qu'il n'y a jamais de punition ni même de recommandations, "car il faut aux enfants inventer leur vie par eux-mêmes", faut-il alors s'étonner qu'il n'y ait plus du tout de transmission ni de réception, et que la personnalité des enfants ressemble alors plus à une terre laissée en jachère dans laquelle tout peut pousser ? Une société sans repères est vouée à "régresser"…