Tout le monde se scandalise des propos "déplacés" prononcés dans un vestiaire par un joueur des "Bleus" à l'adresse de leur entraîneur. Comme un détonateur dans un champ de mines qui provoque une déflagration en chaîne, cette petite phrase déverrouille toutes les rancœurs contenues… Et chacun y va de son regard critique sur le sport devenu "soupe business" où se mêlent argent, publicité, honneur national… Chacun se demande ce que deviennent dans tout ce tintamarre les valeurs de sport d'équipe que sont : l'enthousiasme, la solidarité, le fairplay, le respect des règles et par-dessus tout des personnes.

 

A partir de ces faits rapportés par les médias, mon propos est plutôt de chercher les racines par lesquelles peuvent tout à coup survenir de tels "débordements". En réalité je les vois dans une société qui s'exprime trop habituellement d'une façon vulgaire et irrespectueuse. La liste en effet serait longue que l'on pourrait dresser des situations où les propos vulgaires passent inaperçus. La vulgarité est devenue comme un goutte à goutte que chacun reçoit quotidiennement. Les enfants s'essaient à ce langage sur les cours de récré. Pourquoi ne le feraient-ils pas sur les terrains de sport et par provocation en classe voire en famille en signe de mécontentement ? Mais la vulgarité, c'est aussi la publicité, irrespectueuse de la dignité et de l'intimité, affichée sur les lieux publics… L'instrumentalisation des "instincts" primaires à des fins financières, voilà bien aussi la preuve visible que la culture que nous respirons et qui finit par nous imprégner est cruelle pour la dignité "intrinsèque" reconnue en tout homme et en toute circonstance.

 

Aussi ce qui vient de se passer au "Mondial" est un révélateur de ce qu'est en profondeur la société que nous inventons et dont nous vivons. Tous les reproches faits à l'équipe des Bleus nous renvoient comme dans un miroir à notre propre image. Refusons tout le temps le clinquant, la vulgarité des propos et des emportements, le primat et l'arrogance de l'argent, la liberté "libérale" de l'individualisme du chacun pour soi, du clanisme social ou familial… Misons toujours sur le respect naturel et continuel de l'autre et des autres. Parlons-nous avec des mots choisis et ajustés à un regard bienveillant. Et si un différend surgit, que seuls encore les mots "échangés" viennent le dénouer… Peu à peu une culture de respect sera alors instaurée et toute la société appréciera !