Le terrorisme est irrationnel, mais sa logique est implacable. D'où vient-il ? Où va-t-il ? Que veut-il ? Le terroriste se cache et accomplit sa basse besogne dans l'ombre. La terreur procède d'une violence aveugle tout en sachant ce qu'elle fait et où elle le fait. En s'insinuant sournoisement dans les démocraties, elle en révèle les vulnérabilités. Des fragilités qui sont d'abord le signe de leur grandeur : liberté de circulation et de parole, pluralisme des opinions, respect des convictions morales ou religieuses. Le contraire des totalitarismes et des fanatismes.

 

 En jouant sur la peur, le terrorisme veut déstabiliser un consensus patiemment conquis, à entretenir chaque jour et qui devient une forme de culture collective. Le terrorisme ne supporte ni la différence ni le dialogue. Il leur préfère la violence nue qui s'impose dans le sang. La démocratie se débrouille mal de ce langage. Dès lors, elle réagit comme elle peut, tentant de concilier sécurité et liberté, coexistence des communautés et vigilance à l'égard des suspects.

 

 Les terroristes ont bien compris comment il faut flatter rudement mais sûrement les vieux démons tapis dans les recoins d'une collectivité : la méfiance du voisin, la crainte des espaces communs ou le soupçon de l'étranger. La crise qu'il espère : qu'une nation doute de son identité et n'envisage d'autres solutions que de se replier sur elle-même en fermant toutes les issues. Il ne serait pas bon qu'à vouloir ainsi tuer le virus, on endommage le terrain où il s'est installé.

 

 La démocratie n'est pas seulement un état, mais un combat. Elle n'est pas tant un combat "contre" qu'un combat "pour". Soigner et densifier le tissu social d'une société, c'est renforcer sa capacité à résister à toute forme de terreur. Parce que le Dieu auquel ils croient est épris de liberté, de dignité et de justice, les chrétiens se doivent d'être d'authentiques citoyens.