C'est en dehors d'une campagne électorale que j'écris ce billet sur les dangers et les chances de l'engagement politique. Je me sens ainsi plus libre, pour ne pas être suspecté de parti pris pour les uns contre les autres !

 

Comme l'Eglise catholique l'a souvent dit et écrit, l'engagement en politique est un service authentique de la charité puisqu'il vise à établir un bien vivre ensemble dans lequel nul n'est oublié ! Mais comment les candidats d'un parti politique peuvent-ils échapper à la tentation de proposer un programme dont les projets s'adressent en priorité à leur électorat potentiel, jusqu'à une surenchère de promesses irréalisables ? Poussés par le désir ardent d'obtenir les voix de telle ou telle catégorie de citoyens, les candidats vont user de flatterie et de démagogie, et éventuellement profiter de l'incapacité de nombreux électeurs à discerner et analyser les problèmes collectifs du moment. De leur côté, très souvent, trop souvent, les citoyens n'envisagent le rôle des politiques qu'à travers leurs propres difficultés ponctuelles et pas assez dans leur mission de service public, collectif.

 

Dans ce domaine de la vie sociale comme en d'autres, le primat du présent et de l'individu, de la catégorie sociale à laquelle chacun appartient, devient souvent prioritaire et primordial, jusqu'à en oublier le Bien commun supérieur. Sachant cela, les candidats aux élections sont alors parfois tentés de satisfaire par avance leur électorat. Pour être élus, ils le font en discours et en programmes. Et après les élections, ils deviennent immédiatement plus vrais, avouant qu'ils découvrent la complexité de la situation qu'ils ont désormais en charge d'améliorer. Conscients de cela, certains soulignent le poids de l'économie, et surtout de la finance, sur le pouvoir politique ainsi freiné dans ses élans et ses possibilités de décider.

 

Le système électoral fonctionne ainsi qu'il faut aux partis politiques ne pas dire toute la vérité et plutôt faire rêver. Ainsi les partis politiques, non par lâcheté mais par besoin d'accumuler les chances de faire élire leurs candidats, sont souvent enclins - "tenus", disent-ils -, à rédiger leurs déclarations en réponse aux besoins exprimés par leur électorat. Il est très rare, l'élu qui s'efforce d'informer d'une façon objective et gratuite une assemblée qui le soutient. Cela supposerait d'expliquer l'enracinement des problèmes et les exigences démultipliées des solutions. Il semble qu'accuser les "adversaires" en place de gestion mauvaise ou partisane soit plus facile que de décortiquer les problèmes et de faire la liste des solutions alternatives avec leur coût financier et humain. Il ne parait pas facile, pour un parti politique, d'être entièrement transparent sur les difficultés qu'il aura à accomplir sa mission de servir le Bien commun, alors que son premier objectif est d'obtenir le maximum de voix.

 

A chaque campagne électorale, je souffre de voir ces postures démagogiques que les médias sont évidemment ravis de mettre en scène… Un peu moins d'affect et un peu plus de raison favoriserait le crédit et l'importance du politique dans notre vie. Et si on se mettait à choisir les plus libres, les plus vrais, les plus justes, les plus sages, pour nous "gouverner", et pas seulement les plus "rusés" ?... Et si, pour élire les plus capables, nous, citoyens attachés à la démocratie, nous nous informions et nous formions davantage en vue d'être mieux préparés à "choisir" les candidats les plus aptes à nous faire "bien vivre ensemble" ?...