Les politiques, les médecins, les responsables économiques, les médias, sont invités à parler vrai, à ne pas mentir, à n'être ni démagogues ni hypocrites, à ne pas pratiquer la langue de bois. Benoît XVI se fait volontiers le chantre de la vérité, quoi qu'il lui en coûte, car le mensonge peut polluer, s'incruster, devenir une habitude, se traduire en trafic, détournement, corruption, calomnie, ragots de toute sorte. Le mensonge obscurcit la communication et fait éclater les relations.

 Le mensonge est la racine souche de tous les péchés. Par la brèche du mensonge, le mal s'introduit et s'accroche ! Au jardin d'Eden, Dieu avait interdit à un homme de prendre du fruit sur tel arbre désigné par lui. Le diable déguisé en serpent travestit l'interdit : d'un seul arbre, il étend l'interdiction à tous les arbres. Le diable fait alors sentir à l'homme qu'il est prisonnier de Dieu dans un jardin dont il ne peut jouir à sa guise. Il le pousse à rechercher la liberté par le rejet de Dieu.

 Le mensonge falsifie le réel. Il vise à tromper en devenant hypocrisie, calomnie. Il détruit une personne en semant la confusion et la division. Il salit la dignité. Le mensonge s'introduit dans le dialogue et dégénère en défiance et méfiance. Il désaccorde et désharmonise. Il triche et il vole. Il pratique volontiers l’insinuation pour introduire le doute, déstabiliser

 Un secret confié et habillé de mensonge peut transformer des proches en ennemis. L'auteur de mensonges est poussé par un instinct de blesser, de piquer, de semer la mésentente, le trouble, le doute, le soupçon. "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose…"

 Le menteur avance souvent masqué, dans l'habit du charmeur. Le menteur est intolérant et surtout malveillant. Pour accomplir son œuvre, il a besoin de l'obscurité. Le menteur ne recherche que de paraître autrement qu'il n'est intérieurement. Puisqu'il recherche de tromper, déjouer, détourner. Il est calculateur. Il renie l'ami d'hier. Par intérêt, il trahit des promesses.

 Il finit par ne plus faire la distinction entre le Bien et le Mal, le vrai et le faux. Il s'installe dans une sorte d'état de mensonge qui devient peu à peu une seconde nature. Sa vie est alors conditionnée par le mensonge, car nul ne le croit plus s'il vient à dire vrai. Sa réputation le discrédite.

 Certes il y a des degrés dans le fait de mentir. Mais ne passe-t-on pas facilement du petit au gros mensonge comme on passe de la drogue douce à la drogue dure ?

 Le tableau est sombre quand on accumule tous les travers dont peut se rendre coupable un menteur… Heureusement, celui qui a menti peut se repentir. Il peut même se convertir, avec le soutien de ses amis et la grâce abondante de Dieu.

 Pierre avait un jour fait à Jésus la promesse de le suivre partout où il irait. Quoi qu’il arrive. Or tandis que Jésus est jugé par Pilate, Pierre, dévisagé, affirme qu’il ne connaît pas Jésus. Il ment… Son triple reniement pourtant n’entame pas l’Amour que le Messie de Dieu a pour lui. Leurs regards se croisent et le disciple pleure amèrement sur sa lâcheté.