Tel est l'objectif du parcours proposé pour préparer Diaconia 2013. Tous les diocèses de France sont invités à rendre les chrétiens ardemment attentifs aux situations de fragilité dans lesquelles se trouvent nombre de personnes. On entend par "fragiles" ces personnes confrontées à des difficultés d'ordre économique, professionnel, familial, scolaire, social… Peut-être avons-nous connaissance de personnes âgées que l'isolement décourage, de résidents en maison de retraite qui n'ont jamais de visites, de familles monoparentales isolées suite à une séparation, d'enfants en échec scolaire, de familles atteintes par le chômage, une grave maladie de l'un des membres, le lourd handicap d'un enfant, de familles confrontées à la drogue, l'alcoolisme, des problèmes financiers, ou la détérioration des relations avec les enfants ou entre eux…

 Dans quel but les évêques nous demandent-ils de savoir repérer et entendre ces fragilités que l'on peut rencontrer dans les milieux où nous vivons ? Pour imiter le Christ qui avait le regard, les oreilles et le cœur toujours ouverts aux souffrances et aux manques, aux cris ou aux besoins formulés ou devinés, les évêques de France proposent à tous les chrétiens de renforcer en chacun d'eux l'attitude du service des frères, que l'on peut appeler "la diakonia".

 Il s'agit bien de mettre le service de la charité au cœur de nos communautés chrétiennes. Car la diaconie ne consiste pas en un ajout (encore une chose à faire !...), elle est constitutive de l'identité de l'Eglise, et ce chemin vers 2013 est là pour nous permettre de réaliser ce que nous sommes. La diaconie n'est pas une option, mais une façon de traduire aujourd'hui que le Christ est venu pour le salut de tous les hommes, avec une attention particulière au plus petit.

 Pour l'année à venir, chaque lieu d'Eglise, chaque groupe de chrétiens - mouvements d'adultes ou de jeunes, équipes de catéchèse…- tout chrétien est invité à repérer les situations de fragilité et les enjeux sociaux de notre environnement. En même temps que ce regard sur le monde, la société, à partir de situations concrètes du voisinage, il est demandé de mettre en valeur ce qui se vit déjà dans le service des frères, ce qui s'invente pour répondre à l'isolement, ce qui s'initie de proximité.

 Cette 1ère étape (septembre 2011 – Carême 2012) s'appuiera sur deux recueils :

-         Le livre blanc des fragilités, où seront exprimées les remontées des différents groupes ou équipes. Il s'agit de se mettre concrètement à l'écoute des personnes fragiles, mais aussi de leur permettre de s'exprimer, de valoriser ce qu'elles disent.

-         Le livre des merveilles, afin de donner à voir les richesses de solidarité, de fraternité souvent ignorées, afin de s'émerveiller, de montrer les dynamismes, les capacités d'initiative (ce qui est proche de la démarche de Pentecôte 2010).

 Concrètement, pendant le temps de l'Avent qui nous prépare à accueillir l'enfant fragile de la crèche, nous sommes invités à recueillir et à confier au Presbytère les faits de "vie fragilisée", mais aussi "d'entraide" et de "soutien fraternel" pour y faire face. Dans une enveloppe marquée "Diaconia", que nous pouvons soit déposer dans la corbeille de la quête soit faire parvenir dans la boîte à lettres du Presbytère, nous sommes invités à déposer ce que nous aurons vu et entendu de souffrances, de blessures. Ce sera pour nous une façon de les partager et de les confier à Dieu. Cette proposition n'est en rien une incitation à la curiosité, mais un exercice évangélique de l'amour du prochain. L'anonymat sera scrupuleusement respecté. L'Avent sera alors un temps fécond de transformation qui nous rapprochera de la façon dont Dieu regarde, écoute et aime.