Le Secours Catholique, qui a des "Caritas" qui lui correspondent dans tous les pays du monde, a en France une journée qui lui est consacrée dans le calendrier de l'année. Cette journée consiste en une collecte d'argent dans les familles et dans les Paroisses. Elle veut aussi nous ouvrir les yeux, les oreilles, le cœur et les mains sur toutes les formes de pauvreté et parfois de misère qui rongent notre société. Plus que jamais, le Secours Catholique cherche à nous faire réfléchir sur l'enracinement et les causes proches et lointaines de la pauvreté grandissante.

 Le Secours Catholique, bien sûr, n'a pas d'usines pour embaucher, il n'est pas un organisme logeur, il n'a pas d'écoles pour accueillir des jeunes sans diplôme et sans capacités professionnelles. Pour anticiper et avertir des dangers les autorités responsables, économiques, sociales, politiques et administratives, le Secours Catholique n'a que ses moyens d'information. Il le fait au moins une fois dans l'année d'une façon médiatique par des spots télé et un rapport détaillé des formes de pauvreté observées sur le terrain par des spécialistes, mais aussi par ses réseaux de bénévoles ancrés sur le terrain. L'on constate d'année en année une augmentation des chômeurs, y compris des jeunes qui n'ont jamais vraiment trouvé un premier emploi, ainsi que des familles menacées de perdre leur logement parce qu'incapables de payer leur  loyer et leurs factures de chauffage, d'électricité. Se loger, se vêtir, se nourrir, se soigner, tout cela demande de l'argent ! Et comment le gagner, en dehors de l'assistanat, des aides ? De moins en moins assurées à notre époque…

 Parmi les pauvretés, les difficultés scolaires des enfants, mais aussi les familles monoparentales qui voient beaucoup de femmes seules être obligées de faire face aux nécessités de la vie… A cette pauvreté économique et sociale, il me semble qu'il faut ajouter celle qui est davantage culturelle. Il y a comme un décrochage et un écartement de plus en plus profond entre ceux qui s'adaptent à la modernité dans laquelle ils peuvent même se sentir acteurs et ceux qui ne suivent pas et se sentent disqualifiés voire marginalisés. Il n'est donc pas de pauvreté que celle du manque d'argent, toutes les autres inaptitudes sont aussi cruelles et humiliantes.

 Or, devant toutes ces formes de manques et de blessures qui atteignent et affaiblissent tant de personnes de tout âge et des familles entières, que fait le Secours Catholique, service organisé de la diaconie, au service de l'Eglise de France et de nos communautés chrétiennes ? Bien sûr, par ses bénévoles, soutenus et formés par ses salariés permanents et spécialisés, il assure d'abord une présence, une écoute attentive et sans préjugés auprès des plus pauvres. Tous s'efforcent d'apporter une réponse appropriée aux difficultés confiées. Ils ne font jamais "pour", mais avec la participation des personnes accueillies. Ce qui est décidé l'est d'un commun accord et s'appuie sur les moyens du Secours Catholique et les efforts proportionnels et définis des gens accompagnés.

 Le Secours Catholique s'efforce d'apporter une réponse, une aide non seulement d'ordre matériel, mais aussi moral, en rapport aux causes des problèmes à résoudre. Le Secours Catholique entend ainsi ne pas humilier ni désarmer de leur dignité les gens qu'il aide, mais les inviter à retrouver la confiance en eux-mêmes afin qu'ils puissent être en mesure d'affronter les difficultés qui surviennent dans leur vie. Le Secours Catholique s'inspire de la façon dont Jésus lui-même s'appuyait sur la foi des malades pour les guérir : "Ta foi t'a sauvé"… L'ouverture à Vouziers d'une boutique de vêtements "Coton Soleil" est l'illustration de cette volonté du Secours Catholique d'intégrer et d'associer à la vie sociale celles et ceux que des problèmes financiers pourraient avoir tendance à exclure.

 A chaque Eucharistie, nous rappelons que le Christ a donné sa vie entièrement et tout le temps jusque dans la mort. Il continue à la donner par son Corps vivant qu'est l'Eglise formée de tous ses membres. Ainsi ce n'est pas seulement à "donner" notre offrande que nous sommes invités, mais à "nous donner" à la suite du Christ dont nous sommes aujourd'hui la présence physique auprès de nos frères et sœurs en humanité.