Sous l'influence du milieu social ou familial, du fait d'un itinéraire intellectuel ou religieux particulier, marquées par des événements survenus dans leur vie, des personnes ont développé une mentalité qui les distingue dans leurs idées et leurs actes. Voici énumérés ici succinctement quelques types de mentalités rencontrés aujourd'hui.

 Il y a d'abord les adeptes du libéralisme, tant dans l'ordre économique et moral que spirituel. Au nom d'une forme de liberté, tout individu est origine et fin de ce qu'il entreprend selon ses capacités et ses désirs propres. Cette primauté donnée à la liberté individuelle aboutit parfois à des aberrations sociales et doctrinales.

 Il existe ensuite la catégorie des idéologues. Leurs convictions affichées et imposées en bloc sont comme un socle sur lequel ils basent leur vision de la vie en société. Certains osent prétendre que leur idéologie repose sur un raisonnement scientifique qui ne supporte pas le questionnement, puisqu'il se suffit à lui-même.

 On trouve aussi les adeptes du relativisme érigé en principe de conduite humaine. Selon cette mentalité, tout se vaut, rien n'est sûr, pourvu que cela ne fasse pas de mal aux autres, pourvu que la sincérité imprègne les pensées et les actes.

 A l'inverse existe le fondamentalisme, selon lequel tout est fixé et rien ne doit et ne peut changer. Le mouvement religieux intégriste est fondamentaliste. Toute remise en cause des traditions et d'interprétation de textes fondateurs, toute actualisation dans le domaine religieux est une trahison.

 Le laxisme est une posture morale dans la vie quotidienne. Dans l'éducation il se traduit  en démagogie, il prône la tolérance en toute occasion, ne contredit rien, laisse penser et faire sans intervenir, se retire volontiers pour éviter tout conflit, se contente de ce qui est tiède, fade, approximatif.

 Tandis que les fondamentalistes sont rivés au passé, ceux que l'on nomme les modernistes le sont à ce qui semble nouveau et au futur. Ils n'ont que le mot "changement" à la bouche et le déclarent synonyme de progrès. Cela va pour eux tellement de soi qu'ils usent indistinctement des deux mots et les confondent. Ils en perdent l'esprit critique qui leur permettrait de discerner lucidement non seulement ce qui progresse, mais aussi ce qui régresse. Les adeptes du modernisme ont tendance à s'accrocher à toute évolution, comme des gens très religieux peuvent s'en remettre entièrement à leur religion. Ils idolâtrent ce qui est nouveau. Sur le plan politique surtout, il existe une tendance à vouloir tellement simplifier les problèmes économiques, financiers, sociaux, que des solutions caricaturales sont proposées à un large public dépourvu des moyens d'en vérifier la faisabilité.

 Je voudrais enfin m'attarder quelques instants sur la mentalité dite "légaliste" selon laquelle la vérité se réduit à l'application stricte des lois qui régissent la vie personnelle, familiale, sociale, citoyenne… Il suffirait de se soumettre aux lois d'une façon incontestable, et la société tout entière en tirerait des bénéfices considérables. Le légalisme se montre souvent rigide et parfois intransigeant, à l'inverse du laxisme qui permet tout !