A la conception, les parents donnent vie à une personne dont l'être se compose d'un corps et d'un esprit que Dieu dote d'une âme. L'âme et le corps sont distincts, mais intimement liés. Au cours du déroulement de l'existence, l'âme va s'imprégner de tout ce que la personne choisira, fera en bien et en mal. Cela fera trace en elle d'un vécu terrestre que la mort viendra déconnecter d'un corps qui l'aura incarné. L'âme immortelle, vouée à l'éternité, rejoindra Dieu, Etre spirituel éternel, non pour se fondre en lui jusqu'à disparaître, mais pour y communier. L'âme libérée du corps terrestre se trouve d'autant plus "de plain-pied" avec Dieu qu'elle l'a été durant sa vie. Quand l'âme parait devant Dieu, elle est chargée de tout ce qui l'a enrichie de valeurs spirituelles et éternelles.

 L'âme n'est pas un accessoire de la vie humaine, elle en est le cœur et le conducteur. En effet, elle intervient dans l'usage des capacités, des qualités, des possibilités qu'offre une existence humaine. Une âme peut être corrompue et être à l'origine de choix et d'actes dévoyés. Une âme ajustée au cœur de Dieu par la foi en Jésus de Nazareth et le désir de conformité à l'Evangile oriente vers la rencontre et la demeure éternelle en Dieu. L'âme recense les "instants" de la vie : elle est le véritable fruit qui absorbe les dons du corps et de l'esprit.

 Le mal est presque concomitant à la création. Ce n'est pas une contamination petit à petit. L'homme peut opter pour le mal et tout pervertir. La mort elle-même n'est pourtant pas le mal. Elle est une loi naturelle de la vie. Le Christ a vaincu la mort. Si la mort est la preuve de l'absolu de la vie, avec le Christ elle devient la preuve de l'absolu de l'amour, irréductible, indestructible. Sur la Croix, Jésus dit à son Père, en parlant de ses bourreaux : "Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

 Plus je voyais son corps se décharner et rétrécir, plus cette personne exprimait par quelques bribes de phrases montant du plus profond de son âme les signes de son passage à l'Eternité. L'idée de la mort nous accable, nous fait peur, nous cherchons par tous les moyens à la bannir de notre horizon. Pourtant c'est la mort qui confère sens et valeur à la vie. Il ne s'agit pas d'envisager la seule vie qui précède la mort et de nous accrocher seulement à ce côté de la vie en dévisageant la mort comme une fin absurde, il nous faut envisager notre vie à la lumière de notre mort. Nous avons le devoir de devenir "âme", amoureux de la vraie vie…