Choisir d'être bénévole, c'est consentir à offrir du temps, de l'énergie pour une cause et surtout pour autrui. Le bénévolat demande un esprit de service, toujours, et un esprit d'entreprise et de créativité, souvent. Le but du bénévolat, ce n'est pas le bénévole mais la personne qui est aidée, accompagnée, ou le groupe qui est rejoint !

 L'une des caractéristiques du bénévolat est qu'il est gratuit, sans condition de réciprocité. Il prend même souvent la forme d'un don de soi, car il peut demander un investissement moral, intellectuel et spirituel, dans lequel la personne bénévole toute entière se sent impliquée. Qui rechercherait son intérêt en se faisant bénévole ne correspondrait pas vraiment à ce qu'est cette forme d'engagement. Cependant, tous les bénévoles interrogés sur le service qu'ils accomplissent vous diront que ce qu'ils font leur procure une satisfaction personnelle et leur apporte des richesses intellectuelles, morales et spirituelles par les contacts et les échanges que leur engagement occasionne. Il arrive que des gens ayant eu une activité professionnelle et sociale débordante recherchent dans le bénévolat, à l'heure de leur retraite, une façon d'inverser leurs relations humaines jusque là basées sur la rémunération, y trouvant des occasions de donner sans comptabilité.

 Au fait, le bénévolat n'est bien sûr pas réservé aux seuls retraités dont le temps serait forcément libre et disponible puisqu'il n'y a plus l'encombrement des horaires de travail ni la charge des enfants à la maison. En réalité, il est même souhaitable que l'esprit de service en direction des autres ait été pratiqué dès le plus jeune âge. Par l'éducation, il invite à regarder et discerner autour de soi les besoins des autres. Il appelle à développer en soi la capacité d'initiative, de débrouillardise et d'équipe. Il élargit l'horizon et oblige à se décentrer de soi. Des enfants qui offrent de leurs jouets apprennent le détachement et le partage. Des enfants qui prennent une part active aux tâches et aux besoins d'une famille en s'assumant davantage, en s'occupant de faciliter la vie commune, en offrant joyeusement de leur temps et leurs talents, développeront en eux le goût de "servir".

 Bien sûr le bénévolat peut être un piège quand, au lieu de favoriser une plus grande autonomie de l'aidé, il accentue au contraire sa dépendance. Je pense au bénévolat dans le domaine caritatif ou même éducatif. Le bénévole doit être vigilant et ne pas se substituer à la conscience et à la volonté des personnes à l'égard desquelles il exerce son service. La nature des relations à instaurer dans le bénévolat ne doit pas être de l'ordre de la nécessité ou de l'obligation, mais de celui de la gratuité et de la bienveillance, qui sauvegardent la dignité de tous les partenaires.

 On dit que le bénévolat se perd dans une société de plus en plus marchande et même mercantile. Mais cette affirmation est-elle prouvée ?