La liberté

Ne pas subir de contrainte lors du consentement est la première condition pour qu'un mariage existe. Géraldine qui, à force de tenir à ce qu'elle croyait être une vraie liberté, a connu de nombreuses histoires sentimentales dont elle a eu du mal à se remettre, en est désormais convaincue : "Je me sens libre depuis que j'ai dit oui. Je ne me demande plus si nos caractères sont compatibles ou si mon voisin est mieux que mon mari : j'ai choisi".

Mais pour être libre, il faut se connaître soi-même et savoir comment l'autre fonctionne. Edifier la maison commune nécessite d'échanger sur la manière de l'habiter : travail, sexualité, argent, belle-famille, éducation des enfants, choix spirituels, désirs et plaisirs, loisirs, temps de pause, de réflexion partagée, vacances…

Pour devenir libre, le Peuple hébreu a traversé la Mer Rouge. Par cet acte de confiance, il a avancé au large et bravé le danger. Il faut savoir transformer toute crise en instrument de progression.

 La fidélité

L'amour conjugal exige des époux une fidélité "inviolable" à l'image du lien de Dieu à l'Humanité. Il ne s'agit pas seulement du refus d'adultère, mais de la fidélité dans le dialogue et aux choix communs posés par le couple. On peut être infidèle sans tromper sexuellement son conjoint, en délaissant communication, tendresse, concertation, décisions.

La communication est la clé de voûte du couple et de la famille. Souvent l'homme doit être encouragé et soutenu, entouré d'affection par son épouse. Quant à cette dernière, elle a particulièrement besoin de sécurité, de confiance et d'amour manifesté de la part de son mari.

L'éventualité d'un pardon à demander ou d'un pardon à accorder doit figurer dans les "essentiels" de la vie d'un couple, dans sa durée.

 La fécondité

La fécondité est un don, une fin du mariage, car l'amour conjugal tend naturellement à être fécond. L'homme créé à l'image de Dieu est à son tour appelé à être créateur. Pour dépasser leur "face à face", les époux s'engagent à être ouverts au don de la vie reçue de Dieu. Ils décident du moment de cet engagement d'une façon libre et responsable.

Si ce pilier évoque la procréation, il invite aussi à élargir ce mot fécondité à toutes sortes de fruits qui sont d'un autre ordre que biologique. Un couple peut se montrer fécond par des engagements d'animation, d'initiation et d'éducation, de soutien social de personnes fragiles, âgées, par adoption ou parrainage d'enfant. L'amour d'un couple n'est pas fécond que dans la procréation.

 L'indissolubilité

Dieu appelle à des choix définitifs. L'indissolubilité du mariage, cette "donation réciproque définitive", est un lien sacré que rien ne peut détruire, une doctrine propre au mariage catholique fondée sur une parole de Jésus : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas".

Cet engagement "définitif" et "irréversible" protège la dignité de chacun des conjoints à l'opposé des anciennes pratiques prévoyant la répudiation au gré des humeurs ou événements négatifs.

Dans le sacrement du mariage, l'indissolubilité est une alliance contractée en Dieu par le couple, "dans un oui réciproque pour le meilleur et pour le pire" dans le déroulement d'une vie. Cet engagement mutuel est donc inconditionnel et il n'est pas soumis aux circonstances de l'existence ni à son évolution.

 Ces quatre piliers s'appliquent au mariage sacramentel chrétien, certes. Mais cette considération relève d'une sagesse commune. Pourvu bien sûr qu'il y ait en chacun(e) des partenaires une conscience éclairée et responsable apte à comprendre et assumer les conséquences des quatre piliers du mariage chrétien pour le présent et pour l'avenir. Quand on arrive à démontrer, preuves à l'appui, que l'un des piliers était absent lors du mariage, alors celui-ci peut être déclaré canoniquement "nul".