Comme le voyage du pape en Jordanie, en Palestine et en Israël s'effectuait en week-end, j'ai eu le loisir dès le dimanche matin de regarder et apprécier ce que la chaîne KTO nous en a retransmis en direct. J'avoue que ces quelques heures passées au côté du pape François rencontrant des responsables politiques et religieux importants de ces régions chères à notre cœur de croyants m'ont ému et nourri spirituellement. Ce n'étaient pas les images et les paroles qui venaient à moi téléspectateur, j'avais réellement la sensation de vivre là-bas au milieu des participants à ces divers événements.

 Le cérémonial au mémorial des Juifs déportés et l'étreinte devant le Mur des Lamentations de l'évêque de Rome avec un rabbin et un imam, amis de longue date venus d'Argentine, ont été les moments les plus parlants. Ils disaient énormément de l'horizon vers lequel l'Humanité est appelée par Dieu à se diriger. En effet, s'il existe dans le monde une très grande diversité et de multiples différences, tout être humain est appelé à respecter et à aimer son frère, sa sœur, par-delà son origine et ses convictions, avec un esprit et un cœur qui recherchent de vivre l'universalité et l'unité.

 Des images télévisuelles, grâce aux satellites et aux moyens techniques sophistiqués, donnent aux pays du monde entier de s'interconnecter, de se voir, de se connaître davantage et d'aller vers une meilleure compréhension. Bien qu'il ait comporté beaucoup de rencontres avec des personnes à forte implication politique, ce voyage du Pape au Moyen-Orient n'a à aucun moment donné l'impression d'être partisan ou lié à une idéologie. Le pape a été ressenti comme étant bien conscient des positions et des convictions des uns et des autres, mais comme étant lui-même autrement positionné, d'abord ancré à un Dieu qui aime tous les êtres humains comme ses enfants, quels que soient les clivages entre eux et leurs antagonismes.

 C'est ainsi que cette attitude profondément religieuse donne au pape François la possibilité d'inviter le Président Abbas et le Président Peres chez lui au Vatican, non pour discuter ou négocier, mais pour se tourner tous trois ensemble vers le Dieu de tous et le prier, et même le supplier. Ce que ces deux personnages ont accepté et que, semble-t-il, leurs peuples comprennent. Le chef des catholiques a beau n'avoir aucune puissance temporelle, son influence religieuse et spirituelle semble être reconnue comme un service rendu à la Paix et à la liberté.

 Mon propos dans ce billet était bien de montrer combien les moyens de communication actuels peuvent favoriser le rapprochement des liens entre humains les plus lointains. Il y a quelques jours, j'ai reçu pour la première fois des courriers électroniques venant, via internet, du village de brousse où j'ai vécu autrefois au Cameroun. En ce temps-là, il n'y avait pas même l'électricité, on s'éclairait à la lampe à pétrole. Aujourd'hui, il y a le téléphone portable, les ordinateurs et toutes les connexions immédiates possibles. Quels heureux changements !