Il apparaît qu'en tout être humain il y a comme une aspiration innée à exercer un pouvoir sur les autres. Qui n'a observé dans les jeux des enfants déjà ce besoin de rivaliser à qui possèdera ou saura le mieux ? Comme s'il y avait une compétition à se survaloriser pour supplanter l'autre. Ce désir de "dominer" accompagne toute la durée d'une vie avec des accents plus ou moins prononcés jusqu'à devenir à certaines étapes quasiment pathologique. On parle alors de gens assoiffés de pouvoir et malades de jalousie s'ils ne parviennent pas à leurs fins coûte que coûte.

 Le pouvoir avec le rêve de puissance qu'il est supposé donner, on le retrouve sous diverses expressions. Il peut être un pouvoir de séduction qui recourt à la flatterie, la démagogie ; il est alors toujours d'essence hypocrite. Il existe le pouvoir recherché par la violence ; il fait alors appel à la menace, au chantage, à la contrainte. Celui qui recherche ce pouvoir veut dominer.

Il existe aussi des pouvoirs plus discrets qui ne sont satisfaits que lorsqu'ils peuvent vérifier leur influence sur les autres dans le domaine des idées ou des sentiments. Les gourous de tout bord sont la caricature de ces gens qui ne se satisfont que lorsqu'ils ont la main mise sur la conscience de leurs adeptes fascinés par leur "aura" !

 Même dans les associations, les groupements les plus divers – coopératifs, syndicaux -, le désir de pouvoir peut fasciner. Le titre de président peut développer chez certains "élus"  à cette charge un sincère désir de "servir", tandis que chez d'autres il peut réveiller en eux une tendance à "assujettir" les autres ! Lorsqu'on évoque la recherche de pouvoir, on pense immédiatement aux notables de la politique. Il est vrai que certains ne tardent pas, après leur élection, à ne pouvoir cacher longtemps les limites de leur "pouvoir" et à manifester en plein jour leur "incompétence". L'on pense aussi aux directeurs et aux PDG dont on attend qu'ils tiennent en main les rênes de la conduite économique. On oublie souvent à leur propos que les circuits financiers et de production, les échanges commerciaux sont mondiaux et qu'aucun directeur, pas même de société multinationale, ne détient aucun pouvoir magique sur l'économie mondiale.

 Le lecteur de ce billet qui évoque, à gros traits, l'attrait existant en tout être humain pour le pouvoir et la puissance sur les autres, peut me trouver sévère et penser que cela pourrait pousser ceux qui sont appelés à prendre des responsabilités à se mettre constamment en retrait et à adopter la pratique du silence permanent ! Il n'en est rien. J'ai seulement voulu évoquer le danger qui guette ceux et celles qui assument des engagements et souligner qu'ils doivent sans cesse, qu'ils exercent un petit ou un grand pouvoir, l'exercer non pour eux, mais pour le service d'autrui. Or celui-ci n'est authentique que s'il respecte et grandit, épanouit les gens que l'on a en charge de servir. La personnalité, les qualités et les dons de celui qui s'est vu confier un pouvoir sont aussi importants que ses strictes qualités à l'exercer.

 Par sa vie, ses attitudes, ses choix, ses engagements, Jésus, Fils du Dieu Tout-Puissant, nous donne de contempler ce qu'est régner en servant, en aimant.