Le Peuple hébreu était dans l'attente d'un envoyé de Dieu qui viendrait jeter les Romains hors de Palestine et leur enlever les pouvoirs qu'ils détenaient. Nécessairement ce sauveur devrait recourir à la force armée, car il n'existait pas d'autre façon d'obliger l'occupant à déguerpir du pays… En effet, les juifs n'envisageait pas ce scénario tel qu'en réalité il s'est déroulé : la venue du Messie au cœur d'une famille humble et non en vue, habitant un village sans renom appelé Nazareth.

Pendant 30 ans, une existence banale comme le commun des mortels, qui n'attirait pas spécialement l'attention sur ce fils de Joseph et Marie, nommé Jésus, dont pourtant l'assiduité religieuse était exemplaire et éclairée. Sa naissance au hasard des obligations légales d'un recensement, la fuite en Egypte de ses parents pour échapper au massacre décrété par Hérode craignant d'être supplanté. Ces circonstances annonçaient dès le début ce que serait son passage parmi les humains. Sa vie publique de 30 à 33 ans devait aussi illustrer en ses choix, ses paroles, ses actes, ses initiatives, ses comportements, ses réactions, ce que ce Messie singulier était vraiment.

Non seulement il n'était pas venu pour recourir à la puissance et au pouvoir de la force violente, mais il montrerait souvent, par les guérisons qu'il opérait, les pardons qu'il accordait, les pécheurs qu'il rencontrait, qu'il était venu pour "libérer et sauver" en "appelant" à croire en lui. Jamais il n'usait du registre du chantage, de la peur ou de la menace. Sa parole aux foules semait le grain. A ce grain de germer dans les cœurs accueillants. A chaque auditeur ou bénéficiaire de guérison de se sentir appelé à devenir un ami de Jésus et, après libre décision, de le suivre.

Tout en respectant fidèlement la loi de Moïse, Jésus mettait en valeur "l'Esprit" qui doit animer la foi des croyants. Jésus a fait en sa vie ce qu'il disait, et il recommandait aux foules et à ses disciples de l'imiter dans la leur. Le fil conducteur de sa vie aura été d'incarner en son humanité le visage de Dieu miséricordieux. Ainsi a-t-il pu un jour répondre à Philippe : "Qui me voit voit le Père"… En découvrant Jésus, nous pouvons ainsi entrer dans l'intimité du cœur de Dieu.

Jamais Jésus n'a ironisé, caricaturé, répandu des rumeurs, disqualifié. Jamais, devant une menace pour sa vie, Jésus n'a fait appel à son Père pour échapper au risque imminent d'être jugé et condamné. Et sur la croix, alors qu'il va quitter cette terre par la porte de la mort, Jésus prononce des paroles de miséricorde vis-à-vis du bon larron et de ses bourreaux qu'il dédouane de leur participation à sa condamnation. "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"… Jésus, ce jour-là de sa disparition, ne faisait que mettre en œuvre ce qu'il avait souvent pratiqué dans ses multiples rencontres avec les pécheurs croisés au cours de sa vie de "berger" d'humanité.

Chrétiens, en fréquentant Jésus dans la prière et les sacrements, nous voici invités à nous laisser imprégner du choix de la non violence et de la Paix que tout de sa vie diffuse depuis Bethléem jusqu'au Golgotha. Jésus a transformé l'amour de la puissance par la puissance de l'Amour.