Celui qui déclare "savoir" ne se sent plus appelé à chercher et celui qui estime "connaître" n'a plus le désir de découvrir ni d'approfondir. En un mot, l'un et l'autre se privent de la possibilité et de la chance de "progresser". Qui reconnaît ses manques, ses erreurs, ses faiblesses, ses pauvretés, sait qu'il doit chercher, entendre et apprendre pour avancer, élargir, grandir dans le cheminement de sa vie.

 

 

Et comment se prédispose-t-on à accueillir de nouvelles connaissances ? En ne se contentant pas de celles déjà acquises et surtout en demeurant en permanence en éveil pour entendre ce que d'autres savent. Cela suppose de cultiver en soi les vertus d'attention, de curiosité, mais aussi de simplicité et d'humilité qui font grandir l'ouverture d'esprit et du cœur jamais trop plein ni débordant de soi-même et incapable d'ajouter d'autres pensées ou d'autres amitiés. Les gens satisfaits et rassasiés sont souvent des gens étroits et surtout craintifs face à la différence rencontrée, qu'ils redoutent car ils la soupçonnent de pouvoir les déstabiliser.

 

 On s'aperçoit souvent que les gens les plus campés sur leur position, les plus affirmatifs et les plus doctrinaires, sont des gens vulnérables qui resserrent d'autant plus vigoureusement les boulons de leur pensée qu'ils ne sont pas si sûrs d'avoir raison. Parmi ces gens, il faut compter les fondamentalistes et les intégristes de tout bord. Ils éprouvent le besoin de se barricader, de se réfugier dans la tour d'ivoire de leur philosophie, de leurs valeurs, de leurs codes moraux, pour s'y référer instantanément en les considérant comme intangibles, définitifs et destinés à être imposés à tous. Il est inutile de souligner combien les orgueilleux, les vaniteux, les vantards et les bavards se piègent eux-mêmes. Car en ne voyant les autres et le monde qu'à partir de leur tour de guet, ils ne découvrent qu'eux-mêmes et se privent donc des points de vue, souvent complémentaires, des "autres".

 

 Faut-il le dire, ceux-là sont incapables de dialoguer, souvent de faire silence, de s'interrompre, d'écouter avec intérêt une conviction autrement formulée. Quand vous leur confiez ce qui tient à votre cœur, ils sont déjà en train de se préparer à exprimer ce qui tient le plus au leur ! Il existe aussi parmi les gens non ouverts ceux qui tentent de vous "manœuvrer" à la manière de ces enfants qui téléguident leur bateau ou leur avion, miniature, selon leur bon vouloir.

 

 Ce billet est une invitation à ne jamais adopter, en quelque domaine que ce soit, l'attitude de "parvenu" qui croit avoir tout vu, tout compris, qui se croit "arrivé" alors qu'il n'est qu'à un moment de son histoire, en cours de route, et que, s'il a déjà un passé, qu'il vit un présent, il a toujours un Avenir où il peut encore et toujours "s'ouvrir et découvrir"… "Cherchez et vous trouverez"…, disait lui-même Jésus…