Les évêques de France, par le Service national Famille et Société, ont fait paraître un document intitulé Notre Bien commun. L'objectif recherché est de faire connaître la doctrine sociale de l'Eglise pour la mettre en pratique. Sous ce vocable Bien commun, on trouve à la suite la solidarité internationale, le dialogue interreligieux, l'écologie, la laïcité, la pratique habituelle du dialogue et la vie en entreprise…

J'ai pris ma part dans la soirée annoncée sur le dialogue interreligieux. J'avais pour tâche d'introduire le décret du Concile Vatican II Nostra Aetate qui est devenu pour l'Eglise tout entière le point d'appui qui justifie les rencontres et les dialogues avec toutes les religions du monde, en particulier l'islam et le judaïsme ; cette dernière religion étant considérée par les chrétiens avec une reconnaissance affichée, puisque c'est d'elle qu'est né le christianisme.

A été souligné durant cette réunion le fait que l'une des grandes missions de l'Eglise, outre de témoigner de Jésus, était d'apporter sa contribution à l'unité de l'Humanité. Or dans l'histoire les façons qu'a eues l'Eglise d'annoncer l'Evangile et de promouvoir son identité ont parfois généré les oppositions et les divisions, et donc ralenti et compromis l'unité du genre humain qui n'a pourtant qu'un seul Dieu et Père de tous. Aussi pour atteindre ce but les religions doivent-elles se rencontrer, se connaître, oser se dire qui elles sont et comment elles croient, tout en se gardant de se soupçonner.

Ce dialogue peut prendre des formes diverses. Le premier est celui pratiqué dans la fréquentation de la vie quotidienne. Le plus difficile à pratiquer est sans nul doute le dialogue théologique, car il peut faire apparaître des conceptions très éloignées, voire opposées, des contenus des croyances et des rituels symboliques… Le dialogue recommandé est celui du service du frère en humanité isolé, blessé, que des croyants de différentes religions vont approcher et secourir ensemble. En se rejoignant ainsi, ils apprendront à se connaître et s'apprécier dans cette démarche commune dans le service d'autrui.

Appelés à considérer le Bien commun et à en parler en termes économique, politique et social, l'on peut s'étonner que le dialogue interreligieux s'invite dans la liste de ce qui contribue à fournir des assises au Bien commun. En réalité, on l'aura compris, tout ce qui apporte une meilleure connaissance des autres dont on est naturellement ignorant, tout ce qui établit des ponts et des passerelles favorise le respect et la compréhension, tout en admettant les différences et en s'abstenant d'en faire des divisions.

Ce soir-là, malheureusement, peu de participants avaient fait le déplacement ! Une musulmane présente pourtant a fait des remarques judicieuses et en particulier celle-ci : "Quand je parle avec mes sœurs musulmanes, je me rends compte qu'elles ignorent tout des autres religions et de celle des chrétiens en particulier… il faudrait les informer, car elles ont des idées fausses"…

Former, informer, pour connaître davantage et progresser vers plus d'estime…