Trois journées de formation ont été proposées durant cette année pastorale 2016-2017. Le thème de ces rencontres portait sur le temps, la patience et la confiance avec lesquels Dieu lui-même déploie sa pédagogie.

Si Dieu appelle, convoque, interpelle, il sait aussi attendre la réponse et l'inscription progressive dans les choix, les paroles et les actes de l'existence. Une personne peut avoir intérieurement répondu positivement et sincèrement à Dieu, mais réclamer un délai, parfois très long, pour tenter de mettre sa vie en conformité avec l'Evangile. Dieu accepte ce décalage entre les comportements adoptés dans le déroulement d'une vie et la relation au Christ affichée, tout en appelant ce croyant à continuer à progresser en communion d'Esprit avec lui. Le tort que nous avons souvent est de juger de tout avec un esprit binaire. Soit on est entièrement croyant, soit on est entièrement incroyant, on est pour ou contre, on est dedans ou dehors, dans la vérité ou l'erreur, libre ou esclave…

En réalité, si la foi est comparable à un chemin, ne peut-on dire que tout en marchant tous sur le même chemin, dans la même direction, certains sont arrivés à tel endroit tandis que d'autres sont encore loin derrière ? Et comme tous les pèlerins décidés à se rendre à Compostelle se laissent guider par le "camino", ainsi les croyants choisissent de suivre le Christ "Chemin, Vérité et Vie". Ils le font à leur rythme, portant leur sac à dos personnel rempli de leur vécu passé et de leurs aspirations, interrogations, désirs et soif d'avenir.

Quand on parcourt la Bible, on ressent constamment que Dieu a pris son temps pour appeler, soutenir et accompagner son Peuple. Sa fidélité a été éprouvée par les variations et les abandons de foi des Hébreux. Mais Dieu a tenu bon en ne désespérant jamais de leurs capacités à croire. Aussi peut-on dire que, s'il nous arrive parfois de nous garer sur le bord de la route de la foi, de ralentir, de flâner, de prendre un chemin vicinal en imaginant que c'est un raccourci, si l'on s'éloigne de Dieu, Dieu, lui, ne nous abandonne pas pour autant. Il nous est toujours présent dans sa discrétion, même s'il peut nous arriver, à nous, de ne plus vouloir entendre parler de Lui.

En réalité, aucun croyant ne réussira jamais, en son parcours terrestre, à se conformer parfaitement aux appels et exigences de l'Evangile. Aussi nous faut-il consentir à l'imperfection, aux limites, aux faiblesses, inhérentes à notre condition humaine. Il existe un idéal évangélique mais, comme il existe un record à battre dans les sports, il fixe un but, que nul n'atteint toutefois réellement. Il faut beaucoup de temps, d'insistance et d'endurance, d'entraînement sur les divers terrains de l'existence pour que les performances évangéliques s'affichent gagnantes au tableau des bilans du long parcours en humanité.

A l'Eglise et à ses membres d'adopter la patience divine en sa pédagogie et sa bienveillante miséricorde. Aux chrétiens eux-mêmes de ne pas considérer comme une exclusion et un refus les appels à se convertir et à progresser vers une vie plus évangélique que l'Eglise leur transmet de la part de Dieu.