Dans les proverbes dits "numériques" au Livre des Proverbes 30, 18-19, il est écrit : "Il est trois choses qui me dépassent et quatre que je ne connais pas : le chemin de l'aigle dans les cieux, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du vaisseau en haute mer, le chemin de l'homme vers la jeune femme".

En effet, observez dans le ciel un oiseau se déplacer, jamais vous ne pouvez déterminer son chemin à l'avance : va-t-il prendre telle direction ou telle autre, descendre ou monter, partir à droite ou à gauche ? Son chemin, pourtant, lui il le connaît, puisqu'il le prend. Ce chemin a beau être invisible comme celui que chacun prend après la mort, il n'en est pas moins réel.

Regardez le serpent se faufiler à travers et par-dessus les pierres, nul ne prévoit le chemin qu'il emprunte et pourtant celui-ci existe. Regardez le bateau se déplacer en haute mer, vous ne voyez pas sa route et pourtant elle existe bien, contre vents et courants dérivants. Contre vents et tempêtes il progresse en évitant les rochers dangereux. Regardez enfin cette femme et cet homme, quel chemin les a conduits l'un vers l'autre, vous n'en savez rien et pourtant il y en a un !

Un être cher meurt, et c'est la fin de son chemin sur terre. Il laisse des traces visibles à travers ses paroles, ses actes, ses choix. Cette trajectoire est-elle anéantie ou se poursuit-elle, autrement, sur un chemin différent et invisible mais réel ? Comme les chemins de l'aigle dans le ciel, du serpent dans le sable, du vaisseau sur la mer, d'un homme vers une femme, on ne voit pas à sa mort le chemin que parcourt un être aimé, mais on peut croire qu'il y en a un. Ce chemin qui se poursuit pour lui échappe à nos sens qui nous permettaient de le connaître lorsqu'il vivait au milieu de nous, visible et sensible. Or, ce que sa vie nous a appris de lui, pourquoi ne pourrait-ce pas être ce qu'il continue maintenant à vivre en Dieu dès lors que son chemin sur terre l'orientait par ses désirs, ses pensées, ses actions, vers celui du Ciel ? Pourquoi imaginer qu'il ait changé d'orientation et de chemin ? Aujourd'hui qu'il a disparu à nos yeux, il est apparu devant ceux et celles qui l'accueillent dans l'invisible pour nous et le visible pour eux. Ainsi donc les choses sensibles et visibles sont-elles le signe de celles que l'on ne peut ni voir ni savoir, mais que l'on croit et espère, que l'on aime.

Chaque être humain est à l'image d'une boîte d'allumettes, plus ou moins grande, petite ou moyenne, et contenant donc plus ou moins d'allumettes. Les grosses boîtes durent plus longtemps, car chacun détient une durée d'années variable. Mais toutes sont complètes et leur luminosité est égale. Or dans chaque boîte, dans chaque vie créée, Dieu met une pièce d'argent résistante à la destruction que connaît le corps physique. Cette pièce c'est l'âme, l'Esprit, que chaque être humain reçoit à sa création et dont il bénéficie durant tout son parcours terrestre pour développer ses capacités, les exercer, les offrir en servant les autres, en donnant sens à son existence. Oui ! Dans chaque vie créée Dieu ajoute quelque chose de lui-même qui marque tout homme d'une ressemblance avec Lui et le destine à Le retrouver un jour à jamais.

Or ce chemin-là, invisible, les chrétiens le reconnaissent en Jésus qui non seulement l'a tracé, mais est lui-même ce Chemin, Vérité et Vie, pour qui croit, met sa confiance, son amour et son Espérance en Lui et pratique en sa vie ce qu'Il dit.