La myriade de myriades d'êtres vivants qu'héberge le "globe" bénéficie des mêmes éléments premiers que sont la terre, l'eau, l'air et la lumière. Il est ainsi naturel de considérer comme "invités" les végétaux, les animaux – bêtes de toutes catégories, sauvages ou domestiques, insectes et oiseaux -, sujets d'études plus qu'approfondies de la part de savants passionnés. Quand on affirme que la terre appartient à tous, ce n'est pas seulement des êtres humains que l'on parle, mais de tout ce qui vit sur terre, selon des lois naturelles de cohabitation et de copropriété.

Certes les êtres humains détiennent des capacités de raisonnement et de décision, de conscience, que la Nature leur a attribués et qui leur donne une suprématie doublée surtout d'une grande responsabilité dans la perception et la gestion de la "maison commune". L'on n'imagine pas demander à une fourmi ou à un éléphant d'assurer la protection de la forêt menacée par les incendies, car c'est bien des hommes que l'on est en droit d'attendre de se montrer vigilants, intelligents et capables d'initiatives. Si en effet tout être vivant sur terre se doit de recevoir sa part, c'est à l'homme de connaître les lois qui la régissent et d'en améliorer le fonctionnement. Par contre il n'est pas dans les missions de l'homme de la déterminer par des choix instinctifs ou des exploitations aux conséquences néfastes irrémédiables dans l'avenir.

L'on mesure donc que, si la maison est commune, chacun des habitants doit pouvoir y vivre selon la logique de la famille dont il fait partie. L'équilibre et l'harmonie, la vie et l'évolution de cette maison commune, l'Humanité en ses divers peuples, à tous les niveaux que compte la société, est chargée de les gérer, aujourd'hui et demain. Si aujourd'hui les ressources naturelles de la terre et des mers et océans sont pillées, ici ou là polluées, si trop de procédés chimiques viennent modifier, affaiblir les chaînes de la vie végétale, animale et humaine, alors la terre elle-même renonce à ses devoirs naturels. Elle se laisse envahir par les déserts ou immerger par les débordements des océans, désorienter par les ouragans subits et violents qui surviennent ici ou là, destructeurs de toute vie.

Je ne souligne dans ce billet que quelques aspects des rapports de l'Homme à la Nature que le pape François a si bien détaillés dans son encyclique intitulée Laudato Si'…  L'homme n'est pas quitte de ses devoirs majeurs, s'il ne se préoccupait en priorité que des végétaux, des animaux, et négligeait ses semblables qui ont faim, périssent sous les bombres ou sont menacés par le terrorisme, obligés de chercher un pays qui les accueille… Que dirait-on d'une habitation dont les habitants n'auraient d'intérêt prioritaire que pour le chat, le chien et les poissons rouges et ne prêteraient guère attention à la santé et au moral des autres habitants de la maison ?

En résumé de ce billet, je veux citer des versets du livre de la Genèse par lesquels Yahvé attribue à l'homme, créé en dernier, la responsabilité de gérer la maison commune en lui confiant le trousseau de clés de la vie : "Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la… Je vous donne toutes les herbes portant semence qui sont sur toute la surface de la terre… Dieu dit : 'Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'il domine tous les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre…' Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon."