Parmi les missions incontournables des communautés chrétiennes, il y a celle de la prédication, l'homélie, pour les prêtres, et, pour un nombre de plus en plus important de laïcs, le service des commentaires bibliques dans les célébrations d'obsèques, les lieux de catéchèse, mais aussi au cours de rencontres d'approfondissement biblique ou de révision de vie.

Dans son exhortation La joie de l'Evangile, le Pape François souligne en plusieurs passages l'importance de l'homélie et parle des précautions qui doivent accompagner cet exercice majeur. Au n° 135 : "Considérons maintenant la prédication dans la liturgie, qui demande une sérieuse évaluation de la part des pasteurs… L’homélie est la pierre de touche pour évaluer la proximité et la capacité de rencontre d’un pasteur avec son peuple… L'homélie peut être vraiment une intense et heureuse expérience de l’Esprit, une rencontre réconfortante avec la Parole, une source constante de renouveau et de croissance…" Au n° 136 : "C'est Dieu qui veut rejoindre les autres à travers le prédicateur, et qui déploie sa puissance à travers la parole humaine… Avec la parole, les Apôtres, qu’il a institués « pour être ses compagnons et les envoyer prêcher » (Mc 3, 14), attiraient tous les peuples dans le sein de l’Église" (cf. Mc 16, 15-20).

L'homélie est dialogue de Dieu avec son peuple, surtout lorsqu'elle se situe dans le déroulement de l'eucharistie. Elle n'est ni une conférence, ni un enseignement, ni trop longue, ni trop courte, explique le Pape aux n°s 134 et 138. L'Eglise doit parler comme une mère le fait avec son enfant. Au n° 139 : "La prédication chrétienne, par conséquent, trouve au cœur de la culture du peuple une source d’eau vive, tant pour savoir ce qu’elle doit dire que pour trouver la manière appropriée de le dire..., avec les termes du dialecte maternel (cf. 2M, 21.27). « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Lc 10, 21), aime à rappeler le pape François au n° 141.

"La foi naît de ce qu'on entend dire et ce qu'on entend dire vient de la Parole du Christ". Et, dans ce n° 142 le Pape poursuit : "Dans l’homélie, la vérité accompagne la beauté et le bien." "Comme l’affirme saint Paul, « nous prêchons, cherchant à plaire non pas aux hommes mais à Dieu qui éprouve nos cœurs » (1 Th 2, 4), rappelle le Pape au n° 149. Et d'ajouter au n° 150 : "Quiconque veut prêcher, doit d’abord être disposé à se laisser toucher par la Parole et à la faire devenir chair dans son existence concrète. Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible".

François invite celles et ceux qui ont à transmettre à se laisser illuminer et renouveler eux-mêmes par la Parole : "C’est ce que nous appelons ‘lectio divina’. Elle consiste dans la lecture de la Parole de Dieu à l’intérieur d’un moment de prière pour lui permettre de nous illuminer et de nous renouveler. Cette lecture orante de la Bible n’est pas séparée de l’étude que le prédicateur accomplit pour identifier le message central du texte"…  n° 152) Le paragraphe 153 dresse une liste de "bonnes questions" à se poser lorsqu'on est chargé d'homélie ou de méditer à haute voix une page biblique. Bien sûr le Pape invite aussi beaucoup les "prédicateurs" à connaître les attentes, les besoins de leur auditoire, à tenir compte du cadre et des circonstances dans lesquels ils parlent…

Le Pape évoque aussi l'importance de choisir des éléments de langage conformes à la Parole et recevables par les écoutants. Il préconise de recourir aux images, aux métaphores, aux paraboles. Au n° 157, il conclut ainsi : "Une bonne homélie, comme me disait un vieux maître, doit contenir « une idée, un sentiment, une image »…