Il serait très dommageable pour notre Pays de supprimer un jour la cellule communale qui, à l'évidence, constitue le lieu premier du vivre ensemble et de l'exercice quotidien de la démocratie. L'élection du Conseil municipal et celle du Maire et des adjoints se font au plus près des citoyens. Cette instance politique chargée de concrétiser le Bien commun en prenant soin de celui des personnes et des familles assure une veille communale légale plus que toute autre entité existante.

Le premier magistrat répartit les tâches selon les capacités de ses conseillers. Il les réunit, leur demande leur avis, invite à débattre afin de confronter les points de vue. Avant de prendre ensemble des décisions mais après concertation, sans obligatoirement avoir obtenu l'unanimité, il tranche et engage la commune en vue de réaliser un projet dont il fait diffuser l'information à ses concitoyens. Parfois même il lui arrive de consulter les habitants de son village sur l'utilité publique des réalisations envisagées par lui-même et ses conseillers, car le fait d'élire un maire ne doit jamais encourager la démission des habitants de leurs responsabilités citoyennes, ceux-ci risquant alors de devenir de simples consommateurs quand ils ne seraient pas que des "quémandeurs" exigeants !

Cet exercice politique rendu possible par la République dans les 35.500 communes de l'Hexagone offre à tout citoyen de multiples occasions de s'intéresser aux autres, qu'il s'agisse des routes, des transports, des écoles, des solidarités, du lien social, du sport, de la musique, des cérémonies du souvenir, de l'entretien des bâtiments communaux – mairie, église, salle des  fêtes -, qu'il s'agisse de veiller à ce que chaque famille ait un logement, du travail et des soins médicaux… D'une municipalité, que de rôles importants et fort différents on attend !...

Quelle catastrophe, me semble-t-il, ce serait pour le rural profond de supprimer et déjà d'affaiblir les moyens économiques et les responsabilités réelles des communes ! En pâtiraient le plus les gens démunis dans un tissu rural appauvri. Les plus "branchés" et reliés aux décideurs "centraux", eux, pourraient se tirer d'affaire et tracer leur propre chemin face aux difficultés et aux décisions à prendre. L'exode rural contribue à dévitaliser nos communes en faveur de zones urbaines déjà surpeuplées d'habitats concentrés et d'hyper-commerces toujours plus gigantesques. Ce mouvement de la campagne à la ville que l'on peut expliquer et même comprendre n'aurait-il pas à être maîtrisé davantage, en particulier en rendant le milieu rural plus attractif par plus de lieux culturels, ludiques, sportifs, religieux, dynamiques, dont les villes donnent l'impression de détenir l'exclusivité ?

Admettons que l'on ne verra plus autant que dans le passé un curé, un instituteur, une école, un boulanger, un menuisier, un forgeron… dans chaque commune de France…, mais espérons que l'on appréciera toujours autant la présence active d'un maire et de ses conseillers chargés par la volonté des citoyens de leur vie collective dans laquelle peut se déployer au gré du quotidien ce bel idéal républicain de "Liberté, Egalité, Fraternité" avec lequel les chrétiens ne peuvent être qu'en phase !

Le lecteur de ce billet à caractère profane se demande peut-être pourquoi son rédacteur, prêtre, tient tant à cette entité sociale. La principale raison en effet de mon attachement à cette cellule de base est que la constitution et le fonctionnement de la commune créent des rencontres, suscitent des engagements, ajustent des points de vue,en un mot créent du lien social…, terreau propice aux valeurs que propose l'Evangile du Christ.