Dieu a voulu et créé l'univers, la terre et tout ce qu'elle contient, et Il a tout confié à l'humain, d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Aussi devons-nous avoir conscience que ce qui "existe" est sous la responsabilité de tous et au bénéfice de tous, y compris ceux qui naîtront et vivront, ceux qui seront nos héritiers.

Si nous avons sur les biens reçus et ceux qui sont acquis un regard et une attitude de "rapaces", alors nous gâchons la qualité envisagée par le créateur de notre rapport à la Nature, et nous empiétons sur les droits légitimes des générations futures. Nous détruisons le cadre de vie de la "Maison commune". L'avenir de notre terre est menacé par la déforestation massive, la pollution des eaux fluviales, océaniques et phréatiques, celle de l'air, la dérégulation des températures de l'atmosphère, le rejet massif d'oxyde de carbone, la multiplication des décharges sauvages, l'agriculture et l'élevage de plus en plus productivistes qui usent les terres, l'usage de pesticides nocifs pour l'homme dans la chaine alimentaire et mortels pour certains insectes, le recours à des doses d'engrais excessifs et problématiques pour la santé et les équilibres naturels… Les mots rendement, profit, efficacité à tout prix, installés dans les cerveaux des acteurs et des décideurs, deviennent parfois des objectifs qui, puisqu'ils sont envisageables, exigent d'être mis en œuvre, selon la formule connue "Ce qui est possible doit être fait".

Heureusement un immense mouvement pousse aujourd'hui peu à peu les esprits de gens du monde entier à réfléchir aux conséquences des pratiques humaines et des comportements, individuels et collectifs, en tous domaines de la vie. Car tout ce que l'homme est en capacité de faire n'est pas forcément bon pour lui et pour autrui. Et ce qui peut être considéré comme bon aujourd'hui peut s'avérer une source de dégâts pour l'avenir. Les découvertes fabuleuses qui allaient de pair avec des capacités d'intervention et de transformation, souvent d'amélioration, ont trop persuadé les humains que, de gérants, ils allaient devenir des maîtres absolus de la terre entière.

Or n'assiste-t-on pas à une vaste prise de conscience que la Nature est notre alliée, mais que les richesses qu'elle offre depuis toujours avec largesse sont épuisables ? Aussi faut-il à l'humanité préférer recourir au "renouvelable" et encourager chaque citoyen du Monde, et en premier ceux de celui que l'on nomme "développé" et hyperconsommateur, à adopter désormais des postures de maîtrise et de frugalité, à fuir déjà tout gaspillage, tellement insultant pour la Nature et pour les éloignés de la table qui sont pourtant habitants de la Maison commune.

Sur cette question fondamentale des rapports de l'Homme à la Nature, il faut, on l'aura perçu, convoquer toute conscience morale afin que chacun(e) accomplisse une démarche de mobilisation et d'action personnelle qui, en convergence avec celle des autres, deviendra un mouvement collectif et une force capable d'impulser de nouvelles mentalités et des comportements plus adaptés à la situation dangereuse de notre planète…