Au cours d'une invitation à un repas, la maîtresse de maison m'a interrogé sur ce sujet : "égalité hommes et femmes"…, "parité dans les postes à responsabilité"…, "à travail égal, salaire égal"…, "non à la dictature masculine"… Ces thèmes sont récurrents dans les médias et objets de lutte de la part des groupes féministes actifs pour promouvoir les droits des femmes ici et partout dans toutes les cultures du monde.

Il faut le dire, on revient de loin depuis ces temps où la soumission de la femme à son mari était la règle. Les femmes étaient des exécutantes et ne pouvaient prétendre peser dans des décisions. Le seul espace sur lequel elles avaient quelque pouvoir était la maison. Celui de l'homme était le travail de la terre, le négoce et la gestion publique de la cité. Dans les relations sociales et familiales, la prise de parole masculine comptait davantage et même l'emportait dans les "décisions" sur le point de vue féminin assez peu sollicité et exprimé à voix basse. Un écart parfois assez profond, y compris dans les têtes, rendait inégalement considérées la personnalité et la dignité de l'homme et de la femme. L'homme s'était arrogé tous les droits et ne concédait à la femme que des devoirs : servir son mari, accoucher de ses enfants, assumer leur croissance, veiller sur leur développement intellectuel et moral, spirituel et religieux. Autrefois les femmes n'exerçaient pas de métier. Aujourd'hui beaucoup d'entre elles assument des responsabilités importantes dans les domaines de l'enseignement, de la santé, de la production industrielle, du commerce, autant dans les domaines des sciences et de la technique que de la littérature, de la philosophie et de la psychologie…

Mais, de fait, à travail égal les salaires versés à un homme et à une femme ne sont pas toujours les mêmes. De fait, à mission identique accomplie avec les mêmes compétences et des résultats comparables, la considération et la reconnaissance des mérites d'un homme et d'une femme ne sont pas toujours équivalentes. La revendication "d'égalité" et de "dignité" n'est donc pas une chimère. Elle est justifiée si elle porte en effet sur la parité recherchée dans les milieux professionnels, familiaux, sociaux. Mais, de mon point de vue, elle ne doit pas viser à gommer les caractères propres physiques, physiologiques, psychologiques et affectifs, de l'homme et de la femme, mais au contraire les appréhender comme des différences complémentaires qui enrichissent et améliorent quand elles s'associent.

La présence de femmes dans un gouvernement garantit de bien fonder les débats et les décisions politiques prises, les lois votées et leur mise en œuvre. La vie familiale a besoin de la parole, de l'action, de l'affection et d'un papa et d'une maman, des deux visages humains créés avec leur singularité et leur particularité, pour faire grandir et épanouir des enfants. Enfin, il n'est pas rare d'entendre réclamer dans l'Eglise une évolution notoire et officielle de la place des femmes. Elles n'auraient que des rôles subalternes de servantes du clergé et jamais de vrais postes à responsabilité. Elles ne peuvent envisager d'être diacres ou prêtres. Alors qu'en nombre elles sont majoritaires dans l'Eglise, leur présence active en catéchèse, dans les cérémonies religieuses, dans le service des malades et des personnes âgées, celui de la  charité en actes dans lequel elles excellent, n'est sans doute pas assez valorisée…

Il est évident que la place et le ministère des femmes dans la marche de l'Eglise doivent devenir plus clairs et être mieux reconnus. Mais il sera, selon moi, d'autant plus apprécié et intégré que ce qu'elles y apporteront s'articulera sur les charismes et les dons propres qu'elles seules détiennent naturellement et ont à cœur de développer en elles, au lieu de se contenter d'essayer d'imiter ce que les hommes sont et font depuis si longtemps seuls dans l'histoire de l'Eglise.