Jésus est venu sauver l'humanité en la libérant des pièges dans lesquels la capture son péché et qui freinent sa progression ou, pire, la détournent de sa pleine réalisation. Sans doute faut-il ajouter, aussitôt que l'on a dit cela, que Jésus vient rejoindre et se lier aux humains de la façon que l'on sait pour témoigner en sa propre vie que l'itinéraire humain est possible à tous. Ainsi Jésus sauve l'homme de son découragement, de ses essais échoués.

 

 En nous offrant l'exemple de sa vie, l'Esprit pour choisir et tenir, l'Espérance et la persévérance, en nous révélant notre origine et notre horizon, Jésus nous sauve de nos craintes en leur substituant la confiance et la force intérieure. Car bien sûr Jésus ne nous sauve pas sans notre accord et même notre contribution. Car le salut est offert à tous, mais c'est à chacun de l'accueillir et d'en bénéficier. En nous révélant que Dieu est son Père et qu'Il est aussi le nôtre, Jésus nous invite à une vie terrestre reliée à Dieu et aux autres, frères et sœurs en la même humanité. Jésus délivre ainsi un message de portée universelle qui donne à tout être humain une même dignité et des droits égaux sur toute la surface de la terre et en toute époque.

 

 En basant la foi sur l'appel entendu dans la conscience de chacun et non sur des moyens violents comme la menace, l'intimidation, la contrainte, l'enrôlement…, Jésus met en lumière la liberté et la responsabilité, la vocation et la mission de toute personne. "Si tu veux, viens et suis-moi"… , répètera souvent Jésus à ses interlocuteurs. Jésus ne sauve ni malgré ni à la place, mais avec. "Donnez-leur vous-mêmes à manger", dira-t-il à ses disciples devant la foule qu'il venait d'enseigner de nourritures spirituelles. Il faut ainsi entendre que Dieu ne reprend pas à chaque instant son pouvoir à l'homme. Au contraire, il l'encourage, le soutient, le confirme dans ses missions au regard des améliorations à effectuer dans la Nature, les rapports interpersonnels, dans le Bien commun et dans le vivre ensemble à instaurer dans les relations internationales à faire "progressivement" advenir justes, pacifiques et fraternelles.

 

 Ainsi Jésus témoigne en ses paroles, ses actes, ses attitudes, d'un rapport à la liberté et à la vérité qui prend la première place dans la hiérarchie des valeurs humaines. A la façon dont dans un train la locomotive tracte l'ensemble des wagons. On entendra Jésus déclarer : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Et lorsque Jésus, prisonnier, est interrogé par Pilate, il est l'image de l'homme libre dont la vie s'est déroulée dans la pleine lumière de la vérité.

 

 Ainsi Jésus, dont les 33 années d'existence terrestre sont entièrement libres, vraies, justes, indemnes de toute duplicité, mensonge, hypocrisie, égoïsme, orgueil, violence, chantage, pressions, menaces, mépris, etc…, mais au contraire remplies de bonté, de générosité, de miséricorde, de franchise, de sincérité, de révélation sur Dieu et sur l'humain, Jésus, donc, nous sauve de la tentation de lâcher prise d'assumer la belle aventure de la condition humaine. Jésus nous tire vers le haut, vers son Père, tout en ayant "pris la dernière place", selon l'expression de saint Paul dans sa Lettre aux Philippiens (Ph 2, 5) : "Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus. Lui étant dans la forme de Dieu n'a pas usé de son droit d'être traité comme un dieu, mais il s'est dépouillé, prenant la forme d'esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme, il s'est abaissé devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé"…