Ne parvenant pas à me joindre au téléphone, elle avait laissé sur mon répondeur un message qui faisait part de son immense désarroi devant l'assassinat d'un prêtre par deux terroristes. Ancienne militante communiste, elle avouait être allée prier et allumer un cierge à l'église de son quartier : "moi qui ne sais pas prier, je me suis vue demander à Dieu de faire "quelque chose" pour l'humanité actuelle si désorientée". Et cette personne me demandait explicitement de la rappeler au plus vite pour lui donner mon point de vue sur le meurtre du Père Jacques Hamel. Après avoir écouté l'expression de sa révolte, je me suis permis de lui partager ces quelques éléments de réflexion que j'ai ensuite transcrits dans ce billet.

Il me semble que la situation nouvelle dans laquelle nous sommes aujourd'hui est que "l'interdit fondamental et universel de tuer" est désormais transgressé par les terroristes qui, par un phénomène de mimétisme et de quête de valorisation de soi, s'imaginent non seulement autorisés mais aussi encouragés par la religion musulmane à accomplir au nom de Dieu et pour une œuvre "salutaire" leurs actes maléfiques et destructeurs. En fait, ils prennent la place de Dieu en jugeant par eux-mêmes du bien et du mal, selon leurs propres critères. C'est bien sûr de leur part une usurpation de pouvoir, car le croyant authentique évite d'abord de décider par lui-même. S'ils invoquent le Coran, souvent ils le connaissent peu et l'interprètent beaucoup. Il est par ailleurs tant de courants et de points de vue différents que toutes les inventions relativistes et subjectives, toutes les déformations et déviations sont possibles !

Rappelons-le, l'Islam n'a pas de théologiens ni de guides, imams patentés et reconnus universellement. Il est demandé à chaque croyant de répandre la vérité de la religion et de convertir à l'Islam, à commencer par ses proches. La religion de Mahomet associe spontanément vie civile, citoyenne et vie religieuse. Elle n'est pas à l'aise avec la distinction faite entre le politique et le religieux, le temporel et le spirituel. La liberté de conscience et le libre arbitre qui donnent à toute personne de s'autodéterminer, d'adhérer ou non à telle doctrine, ne sont pas trop envisagés en Islam.

L'avez-vous remarqué, les terroristes ont parfois un passé de hors-la-loi civile jusqu'à avoir mené une existence de délinquant social : alcool, drogue et drague. Ils ont parfois séjourné en prison où ils ont été contaminés et se sont radicalisés à la haine et à la violence. Ayant opté pour une autre vie, ne veulent-ils pas, en se mettant au service d'une "grande cause" qu'affirme être Daesh, tourner le dos à leur passé et se racheter, faire allégeance, en devenant des martyrs aux yeux de Dieu qui les accueillera sur le champ à leur mort brutale ? Naïfs, vulnérables, ils ont intégré l'idée de mourir ainsi eux-mêmes, mais pas sans avoir tué des "infidèles" de la coalition croisée ! Ce sont des assassins trompés par cet immense mensonge que Dieu lève l'interdit de meurtre s'il s'agit de purifier l'humanité des méchants que sont les incroyants, les mal croyants - prêtres, imams, rabbins compris ! Mêler ainsi Dieu à ces œuvres sataniques de terreur et de mort, c'est à proprement parler faire main basse sur Dieu, c'est de l'idolâtrie, c'est utiliser Dieu et prétendre agir en son nom ! Dieu doit pleurer à chaudes larmes devant ce qu'il voit faire par les terroristes…

En résumé, je ne doute pas que les intentions de la plupart des musulmans soient pacifiques. Mais je m'interroge beaucoup sur les prétentions de cette religion à islamiser les peuples pas tant par la persuasion que par la domination et l'intimidation, quand les circonstances s'y prêtent et l'occasion y pousse !