Ce billet voudrait dresser la longue liste des souffrances dont notre cœur et notre âme peuvent pâtir, en tant et tant d'occasions.

Toutes les formes de guerres font mal, qu'elles soient larvées, souterraines, civiles ou tribales. Elles creusent des déchirures, brisent des Nations, suscitent des haines durables et fomentent des projets de vengeance. Les guerres détruisent les biens matériels, les corps, les liens, freinent le cours de l'Histoire en direction du progrès, sèment la mort en puisant dans l'égoïsme, l'orgueil, l'envie, la cupidité, la jalousie, l'instinct de domination et d'exploitation. Les rivalités et les querelles conjugales, familiales jusqu'à l'implosion génèrent de grands tourments. L'absence de dialogue, l'individualisme, le refus de reconnaître ses erreurs et ses torts, et celui de se pardonner et de tourner des pages griffonnées et mal rédigées de sa vie, amassent des griefs et accentuent des divisions, érodent les sentiments affectueux jusqu'à les transformer en reproches récurrents…

Quand j'apprends le divorce de couples dont j'ai préparé et célébré le mariage, une profonde tristesse me gagne. Dans les relations quotidiennes, que de paroles, actions, attitudes et comportements peuvent blesser. Que leurs auteurs le veuillent ou non, les dégâts se ressemblent même si le degré de culpabilité diffère. Manquer de respect, piétiner l'altérité jusqu'à assimiler "l'autre" à soi-même, déformer des faits objectifs, répandre et amplifier des rumeurs, soupçonner sans chercher un début de preuves, pratiquer l'amalgame à travers des propos tenus sur telle ou telle personne dont on souhaite hypocritement ternir et même salir la réputation. Que de conversations et de chuchotements abusifs et malveillants qui font très mal à ceux qui en sont victimes et à ceux qui en sont confidents malgré eux ! Si la générosité est largement répandue, le sont aussi la méchanceté et le besoin de nuire !

On dit que l'instinct de violence fait des ravages dans toutes les sociétés : sur les routes, dans les relations à la Nature, dans les cours d'école, dans les réseaux sociaux, les voisinages de quartier, les bureaux, les ateliers et les usines, les villages, les rapports homme-femme… Comment ne pas mentionner dans cette longue liste des maux le terrorisme si insultant pour Dieu quand il prétend accomplir son œuvre d'anéantissement en son nom !

Notre cœur est douloureux aussi quand des pauvres, des petits, des faibles, des sans-toit, des sans-voix et des sans-grade sont pris pour cibles faciles et sujets de critiques ou d'ironies. Il est dans la société tellement de gens sans défense et si vulnérables… La très grande souffrance qui vient à nous submerger au point d'envahir notre esprit, c'est la mort de celles et ceux avec qui on a pu faire un bout de chemin de vie et qui s'en vont, définitivement, dans un accident, une mort brutale. Mais le départ le plus douloureux m'a toujours apparu être celui du suicide de jeunes… car à la disparition de ce proche aimé s'ajoute le regret immense d'une vie fauchée et interrompue en plein élan vers l'avenir dont nul ne pourra jamais écrire "la suite" ni ne verra l'entier déroulement.

J'allais oublier  le vide abyssal dans lequel se retrouvent parfois ceux qui considèrent leur vie comme insensée, stérile ; ils se ressentent le résultat du hasard. Ils pensent que leur existence les mène au néant. Le pessimisme et la fatalité sont leur quotidien…

Pour se protéger et n'être pas atteint par tous ces maux de la vie, certains préconisent de fermer les yeux, les oreilles et le cœur, et de rentrer chez soi, de se barricader. Mais adopter cette posture, n'est-ce pas quitter l'humanité et ressembler à un déserteur ?