L'adhésion à une paroisse et sa fréquentation sont à l'image des habitués d'un puits où l'on vient recueillir l'eau qui donne à vivre. Certes chaque personne vient avec son seau au contenant plus ou moins important, selon ses besoins, selon qu'il s'agit d'une personne seule ou d'une famille nombreuse. Tout dépend aussi de l'usage qui est fait de cette eau, pour étancher la soif, faire cuire les aliments ou se laver le corps.

Ce point d'eau au milieu des habitations jaillit pour tous ceux qui viennent la puiser. Il ne fait aucune différence, il s'offre sans aucune condition ni restriction. Mais tout le monde, toutes les générations, ne se retrouvent pas sur la margelle. Le plus souvent, ce sont les plus âgés qui se chargent de venir jeter leur seau au fond du puits. Cette image souvent et partout encore visible dans les villages d'Afrique n'illustre-t-elle pas la vie de nos "paroisses de France" ?

Comme l'eau instantanément disponible à tous les étages de nos maisons nous a fait perdre l'utilité et l'habitude d'aller la chercher à la fontaine commune, de la même façon nombreux sont ceux qui trouvent leurs moyens et raisons de vivre par eux-mêmes et en eux-mêmes. Ils n'ont plus ou pas besoin de fréquenter ce lieu de ravitaillement qu'est la paroisse. Ces gens sont même fiers de se définir comme auto-entrepreneurs de leur existence et comme auto-suffisants ! Ainsi, dans ce contexte et les évolutions en tout genre, il n'est peut-être pas étonnant que les fidèles de nos paroisses demeurent celles et ceux qui ont pris l'habitude de la fréquenter dans la première partie de leur vie. Les générations actuelles n'ont pour beaucoup même pas l'idée d'en prendre le chemin, ignorant quasiment tout des "richesses" qu'elles pourraient y trouver.

La physionomie de nos assemblées dominicales donne souvent l'image de chrétiens disséminés dans nos lieux de culte, se montrant distincts jusqu'à vouloir être distants les uns des autres, alors que nous aurions l'ambition de faire de nos regroupements, faits de gens grapillés dans nos villages, des communautés heureuses de se retrouver pour recueillir ensemble la vie à la Parole de Dieu entendue et au Pain de Vie partagé. La théologie d'un Peuple tout entier convoqué et sauvé par le Christ, la conviction que nous sommes aujourd'hui ensemble appelés à être le Corps du Christ dans ce monde actuel, ce sang-là ne circule pas assez dans nos paroisses trop "retenues" par les habitudes du passé.

Nos paroisses ont pourtant vocation à être "l'Aujourd'hui" du Christ, en particulier à travers "l'entre-nous" fraternel des chrétiens.