Je n'ai jamais participé à une chasse à courre, mais ai déjà vu sur les écrans en quoi elle consiste et comment elle se déroule. Cette meute de chiens, aboyants et fébriles, qui poursuivent sans relâche un cerf pour le fatiguer jusqu'à l'épuiser, m'a paru être l'image la plus ressemblante de l'assaut mené avec ténacité par les opposants, de la droite à la gauche extrême, contre l'actuel président de la France, à travers le prétexte de l'affaire Benalla, comme l'appellent les journalistes.

Certes ce jeune militant de la première heure du mouvement En Marche, s'étant vu confier des responsabilités de sécurité dans la garde rapprochée du Président en raison de compétences certaines et prouvées, aurait dû s'en tenir à la position d'observation et ne pas intervenir physiquement pour neutraliser deux manifestants du 1er mai qui lançaient des projectiles sur les forces de l'ordre commises à cet endroit. Par la force des images prises sur le terrain et largement diffusées sur les réseaux, la scène est devenue un événement politique national qui a fini par nécessiter plusieurs enquêtes, au cours d'auditions que la chaîne "Public Sénat" a diffusées. Chaque parti politique a pu, par des élus désignés, exprimer ses questions et obtenir des réponses circonstanciées de la part des intervenants convoqués. D'ailleurs, je crois que l'on peut dire que ces séquences de questions, questions et précisions furent un beau et bon moment d'authentique démocratie.

Pourtant, en regardant en tant que "citoyen de base" ces "engagés politiques" surfer sur l'affaire Benalla, on comprenait assez vite que la cible visée n'était personne d'autre que la plus haute autorité de l'Etat, Emmanuel Macron. Il fallait en faire le bouc émissaire, nécessairement sans doute, pour se venger de frustrations ou d'humiliations rentrées, d'échecs non digérés. Tout ce petit monde, habituellement divisé et rival, désormais ligué et à l'affût, ressemblait bien à une meute décidée à ne jamais lâcher sa proie, à débusquer coûte que coûte "l'animal pourchassé" de son enclos boisé et protégé, l'Elysée.

Je trouve regrettable et lamentable que des politiques à qui nous, citoyens, avons confié d'accroître le Bien commun et le vivre-ensemble, n'aient pas une autre réaction que celle d'ajouter de l'huile sur le feu provoqué par un dérapage certes regrettable et punissable, mais jamais justifié ni approuvé par les autorités en place, et au contraire dénoncé et sanctionné. Une posture morale préférable eût été, pour ces oppositions, de porter main forte à un Etat dont la première loi votée a été celle de la "moralisation". N'est-ce pas à cela que tous les responsables et engagés, politiques et médiatiques, doivent s'atteler ensemble ?

Le président semble avoir bien compris que c'était lui qui était la "cible" visée par tout ce tintamarre médiatique de "figures effarouchées", aussi a-t-il proclamé haut et fort qu'il assumait à lui seul toutes les responsabilités de cette affaire où il se sent lui-même trahi dans la confiance manifestée envers ce proche qu'était devenu Alexandre Benalla. Franchement, vu le respect de ses opposants que réclamait le candidat à la Présidence lors de ses nombreux meetings lorsqu'il entendait des sifflets dans la salle, je ne le crois pas aujourd'hui enclin à demander à son entourage d'avoir des comportements de "barbouze"…