Vous avez sans doute remarqué, comme moi, qu'il existe de nombreux termes dans notre langue française pour décrire l'action si importante de "transmettre" ce que l'on a soi-même reçu, les capacités et qualités que l'on en a tirées pour notre vie et que l'on pense utiles à partager avec les générations qui nous suivent. Tout être humain a le devoir en effet de partager ses savoirs, les connaissances accumulées et celles acquises par l'expérience, et qui deviennent un patrimoine commun, "universel".

A commencer par les parents, tous les moniteurs, animateurs, tout adulte responsable a le devoir d'éduquer les enfants, les jeunes en formation, afin que les potentialités et aptitudes de leur personnalité se transforment en capacités confirmées. Dans l'éducation il y a non seulement des apprentissages du savoir-vivre ensemble dans une société pluraliste, mais aussi ceux des normes et codes sociaux, les valeurs morales, comme autant de repères qui invitent et incitent à telle option et génèrent telle ou telle conduite vis-à-vis d'autrui comme de soi-même.

Enfin, après ceux d'instruire et d'éduquer, le verbe "initier" apparaît plus que d'actualité car il permet de progresser tout en appliquant "pratiquement" et en même temps l'enseignement théorique qui nous est dispensé. Initier, c'est donc donner la possibilité à la fois de s'approprier ce qui est transmis et d'appliquer concrètement par soi-même ce qu'il permet de "réaliser".

Certes les étapes de l'existence humaine réclament des méthodes pédagogiques diverses et variées. Celle de la petite enfance exige que soient clairement affichés des interdits, des repères qui s'imposent sans qu'on ait à les justifier en raison du manque de moyens pour les comprendre à cet âge. Quand la conscience s'éveille, il sera nécessaire et fécond d'expliquer, afin que par eux-mêmes et progressivement les enfants et adolescents assimilent et intériorisent ce qui leur est proposé. La transmission est réussie quand celui qui est enseigné accueille et adopte ce qu'il reçoit et le reproduit dans sa propre vie, selon son caractère et surtout sa personnalité dotée de capacités, de talents, de qualités, de désirs qui le caractérisent. Car le but de toute transmission n'est pas de cloner, mais de ravitailler chacun d'éléments positifs qui lui permettent de fonder, d'édifier, d'habiter et d'afficher son identité singulière et personnelle.

Heureux celles et ceux qui ont été parfois contraints et obligés, dirigés et orientés, soutenus et accompagnés, réconfortés et consolés, pardonnés et réconciliés. Heureux celles et ceux à qui on a transmis, appris, parlé beaucoup. Heureux celles et ceux en qui a été éveillé le goût d'entreprendre, celui d'apprendre et de comprendre, de se relever et de recommencer, de rectifier et de progresser, de se projeter. Heureux aussi bien sûr ces adultes chargés de transmettre ce qu'ils savaient et appréciaient, ce qui les guidait le mieux eux-mêmes, en contemplant ce vaste chantier qu'est l'Humanité en perpétuelle construction de son présent et de son Avenir !