Cette violence omniprésente qui surgit comme des bulles sur l'eau bouillante, d'où vient-elle ? Comment s'explique-t-elle ? Existe-t-il une base commune à toutes les formes de violence ?

La violence naît d'une comparaison avec autrui que l'on envie. Elle s'exprime en une forme de frustration de ne pouvoir être ou avoir comme on croit que d'autres sont ou possèdent ! Une envie frénétique de prendre leur place, de jouer leur rôle, dégénère en violence pour supprimer coûte que coûte l'écart et la différence ressentis comme insupportables. Le coupable de mes maux, et plus encore de mes échecs, de mon mal vivre, sont les autres et plus spécialement l'un d'entre eux désigné comme bouc émissaire. La violence naît d'un mécontentement et d'une mésestime de soi, parfois même d'un mépris supposé et détecté dans le regard des autres.

Recourir à la violence pour changer une situation d'injustice ou arrêter le bras destructeur comporte des aspects positifs et justifiables. Recourir à la violence avec la seule intention de faire le mal et dans le but de nuire est négatif et condamnable.

Aussi le remède à la violence est-il d'apprendre à mieux se connaître et s'aimer soi-même en vérité. Il est vrai que si je me compare, je me désole... Mais si je me regarde, je me console ! On peut guérir de la tentation de violence en comprenant mieux que l'égalité n'exige pas forcément la ressemblance et que la justice n'est pas dans la recherche à tout prix du même, mais dans l'altérité. Lutter contre les exclusions et les inégalités, le mépris et la haine, c'est aussi contribuer à supprimer l'idée de recourir à la violence.

Au  XIIIème siècle, la violence était définie comme l'abus de force. En tout cas, elle est effraction, atteinte à l'autre, physique, morale, psychologique, spirituelle, elle est dépassement de limite admissible des usages, des normes et de la loi. La violence est substitut à la communication quand les mots se dérobent et que la langue est en panne. Aussi, pour prévenir ou arrêter la violence, il faut retrouver les mots qui permettent d'établir une correspondance.