Ephésiens 4 1-7, 11-13

Matthieu 9 9-13

Matthieu est l'un des douze Apôtres et l'auteur du premier évangile. Avant de rencontrer Jésus, Matthieu, appelé Lévi, était collecteur d'impôts à Capharnaüm. Ce métier au service des occupants romains n'était pas apprécié par la population. Le fait que Jésus invite Matthieu à le suivre pour devenir son disciple nous informe déjà sur la volonté du Messie d'ouvrir le salut à tous, quelle que soit leur origine, le jugement porté sur eux. "Jésus vit Matthieu assis à son bureau de collecteur d'impôts. Il lui dit : 'Suis-moi'. L'homme se leva et le suivit".

Ce choix ouvre la voie à d'autres publicains et d'autres pécheurs qui prennent place à la table auprès de Jésus. Devant cette décision d'ouvrir et d'inclure tout le monde, les pharisiens, - dont la religion est basée sur l'attachement rigoureux aux rites visibles et permet de distinguer les croyants authentiques des infidèles à la loi de Moïse -, expriment leur incompréhension totale : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?" Et Jésus, qui a entendu les railleries le concernant, saisit l'occasion d'un message évangélique, c'est-à-dire d'un appel à cesser de faire et de penser selon des habitudes ancestrales, mais à adopter de nouvelles habitudes. Les croyants devaient s'abstenir de fréquenter les publicains et les pécheurs et rester entre eux, en groupe homogène et fermé. Jésus va prêcher, au contraire, de sortir et de se mélanger : "Car ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades". Cette remarque imprégnée de bon sens, Jésus s'y réfèrera durant toutes ses années de vie publique, traduisant ainsi par ses attitudes, ses paroles et ses actes, le salut qu'il propose à tout homme et en tout temps.

Or l'apostolat du Messie sera relayé par celui des Apôtres que Jésus appelle et forme au jour le jour, sur le tas : "Allez apprendre ce que signifie : je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs". Par cette phrase, Jésus explicite sa mission : non pas juger, non pas répartir dans des cases, mettre des étiquettes, éliminer, mais révéler la "miséricorde", l'amour, inconditionnel et sans limite, de Dieu le Père, y compris pour celles et ceux dont les choix et les comportements montrent des signes de rupture et d'éloignement de son Esprit. Le sacrifice auquel Jésus fait allusion, c'est le culte…, ses codes et ses rites qui aux yeux de Dieu doivent être précédés par la justice et la vérité, la liberté et la sincérité, une conduite morale droite.

Depuis sa prison Paul, qui a expérimenté l'erreur en sa propre existence, qui a persécuté les premiers chrétiens et bénéficié de la miséricorde divine jusqu'à se convertir totalement, Paul, donc, prolonge et actualise la pensée du Maître en écrivant aux Ephésiens : "Je vous exhorte à vous conduire d'une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d'humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la Paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule Espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous". Voilà bien une façon pour l'apôtre d'affirmer que tout le monde est en droit d'être reconnu enfant de Dieu, et donc de bénéficier du salut et de l'Evangile apportés par Jésus.