Martin est né en 315 en Pannonie, la Hongrie actuelle. Il traversa le continent jusqu'aux pays de la Loire et y créa les premiers monastères d'occident.

Fils d'un tribun de l'armée romaine, il s'enrôle à 15 ans. Le jeune homme manifeste très tôt une attirance pour la foi chrétienne. Un soir d'hiver, en garnison à Amiens, il partage en deux son manteau pour couvrir un mendiant. La nuit suivante, le Christ lui apparaît en songe, revêtu de l'habit du pauvre. Martin reçoit alors le baptême et renonce à l'armée pour se consacrer à l'évangélisation.

En 341, il fonde à Ligugé (Vienne) le premier monastère de Gaule. Elu évêque de Tours, il retourne néanmoins à la vie monacale à Marmoutier, sa seconde fondation, qui devient un foyer de "missionnaires". Avec eux, Martin sillonne l'ouest de la Gaule, détruisant le culte païen et convertissant en masse les populations rurales. Son humilité, sa passion de la prière, les miracles qu'il accomplit attirent à lui une foule grandissante de fidèles. Il meurt à Candes-St-Martin (Indre-et-Loire) le 8 novembre 397.

Dès son enterrement, le 11 novembre dans la basilique de Tours, son tombeau est vénéré. Martin est le premier à être reconnu saint sans avoir connu le martyre.

Parmi les raisons qui pousseront Clovis à demander son baptême, le témoignage de la vie de Martin recueilli lors d'un passage sur son tombeau comptera beaucoup. Il en est de même pour Walfroy, interpellé par la charité de Martin. Le rayonnement de Martin s'étend à toute l'Europe, dont il sera déclaré un des saints les plus vénérés. Son immense popularité se mesure aux 485 communes et 3700 monuments qui portent son nom en France, et aux 12 cathédrales européennes célébrant sa mémoire. Le "pèlerinage de la Gaule" qui désigne les voies empruntées par les pèlerins vers le tombeau de saint Martin du 4ème au 6ème siècle fut le 3ème pèlerinage de la chrétienté après ceux de Jérusalem et de Rome.

Saint Walfroy dédia le premier lieu de culte qu'il construisit à saint Martin de Tours, dont la vie au service des pauvres l'avait convaincu de devenir lui-même diffuseur de l'Evangile auprès des peuples adeptes de dieux païens. Bien avant qu'il ne soit fréquenté en raison de saint Walfroy, l'ermitage situé au-dessus de Margut en Ardennes l'a été pour honorer et prier saint Martin dont l'église du lieu porte le nom.

L'arrivée de Walfroy en Ardennes remonte à 565. L'historien Grégoire de Tours le visita sur la colline en 585. "Contrairement à certains missionnaires de son époque," - a écrit le chanoine Leflond, professeur à l'Institut Catholique de Paris -, "qui, tel l'intrépide Colomban, commençaient par un massacre général des idoles, renversées et mises en poudre, saint Walfroy, lui, use de longanimité. Ces procédés radicaux auraient l'inconvénient de dresser contre lui les autochtones ; ceux-ci déserteraient le haut-lieu qui, en les attirant, permettra de les catéchiser. D'autre part le diacre apôtre se rend bien compte que les Ardennais ombrageux se soumettent difficilement aux coups de force et défendent obstinément leur chère liberté. Mieux vaut donc les gagner, plutôt que de les buter, les convaincre que les contraindre".

Et si cette façon était toujours la meilleure pour annoncer l'Evangile de vie aujourd'hui ? Sans faire pression, sans faire peur, mais par la présence et la patience, sans jamais se dérober aux interrogations, aux interpellations et aux réponses sincères et humbles, empreintes de charité et de bonté, d'humanité surtout !