Durant le mois de décembre 2018, nous avons assisté en France à un déchaînement de violence verbale et physique qui diffusait la peur et l'horreur. Les Champs-Elysées, cœur emblématique de Paris, ont été le théâtre d'affrontements d'où suintaient la haine, la vengeance et l'intention d'anéantir une société et ses symboles. La tombe du soldat inconnu, où brûle la flamme vacillante qui rappelle la mémoire de tous les soldats morts pour la France, n'a pas été le moindre des lieux de ces luttes fratricides entre "insurgés" et gardiens de la paix civile !

Les uns, au nom de leur liberté à pouvoir crier leurs souffrances et leurs blessures accumulées depuis si longtemps, semblaient s'arroger le "droit" de dépasser toutes les bornes de l'ordre républicain. Les forces de l'ordre, elles, entendaient accomplir leur "devoir" de maintenir ou de rétablir la Paix civile dangereusement menacée de dégénérer en anarchie généralisée. Ces protestations et revendications ont été comprises par beaucoup de citoyens qui ressentent plus ou moins intensément dans leur vie ce qu'expriment les acteurs en gilet jaune réclamant à cor et à cri plus de justice et plus d'équité dans la société française. Mais ces mêmes gens ont aussi montré leur désaccord avec les violences destructrices de biens et de personnes qui ont résulté des actions entreprises par certains "meneurs" de ce mouvement de "révolte".

Or peut-on faire savoir les souffrances, formuler des revendications, provoquer des changements qui soient des améliorations pour tous, de façon calme, sereine et pacifique ? Serait-on aujourd'hui parvenu à une étape de l'histoire où seules la force violente, les voix dominantes, les menaces mises à exécution de détruire et répandre la terreur, soient devenues le seul chemin efficace pour obtenir plus de justice et d'égalité, faire valoir la dignité et obtenir les moyens de vivre ?

La Paix et ses affluents qui la rendent possible, à savoir le dialogue, la concertation, la négociation, la recherche du Bien commun et pas seulement de réclamations individualisée et corporatistes, cette Paix-là passe d'abord par l'accueil et l'écoute, le regard attentif pour celles et ceux qui n'ont pas d'endroit ni d'interlocuteur où et à qui parler, se confier, trouver des réponses à leurs interrogations à leurs difficultés. Par exemple tous ces instruments qui remplacent peu à peu les guichets et surtout les hommes et les femmes, à qui l'on pouvait expliquer son cas, privent tant de gens de contacts humains tisseurs de liens. Alors que la société prétend se renforcer et trouver plus de cohésion par la multitude de moyens de communication, il semble plutôt qu'elle s'expose à des fractures sociales et à une vulnérabilité aux évolutions auxquelles elle est soumise.

Comme la Paix entre nations, la Paix civile s'établit avec la participation active de tout un chacun et chacune, qui prend conscience de l'autre, distinct et différent, pour lequel il est appelé à nourrir respect, bienveillance et même confiance. Comme la Paix mondiale, la Paix civile est un état d'esprit dont nous devons tous être les créateurs et diffuseurs si nous voulons en être les bénéficiaires !