Les liens familiaux naissent des liens conjugaux. La vérité et l'intensité de la relation et de l'affection dans le couple des parents sont source ou non de leurs relations avec leurs enfants. En un mot, l'amour entre époux, quand il est fondé sur le respect, l'altérité et le don de soi, le dialogue et la concertation, devient l'élément fondateur de la vie en famille.

Les enfants sont le fruit de l'amour conjugal. Ils ont besoin, pour grandir physiquement, intellectuellement, moralement, spirituellement, du soutien, de l'affection, de la contribution, différenciée, du père et de la mère, qui doivent commencer par les informer des interdits salutaires et dans le même temps des potentialités dont ils sont dotés et qu'ils doivent par eux-mêmes transformer en capacités. Ni retenir ni freiner, mais accompagner et soutenir les enfants et les liens entre eux tisse le vivre ensemble familial.

Dans une fratrie, chacun s'épanouit quand il apprécie ce qu'il est et devient, au fur et à mesure qu'il se découvre lui-même. Il peut traverser des passages de décrochage, de lassitude et même de désespoir, surtout s'il est tenté de se comparer à d'autres membres de la famille dont il se découvre différent, craignant parfois d'être de valeur inférieure jusqu'à la peur d'être moins aimé par ses parents.

Des parents sont enclins à combler leurs enfants d'objets et d'instruments. Ils les assistent en permanence tout en souhaitant intérieurement les voir s'auto-développer. En réalité, ils les maintiennent ainsi dépendants ! Ces parents privent alors souvent leurs enfants de l'expérience fondatrice de manquer, de désirer, d'attendre et d'atteindre le moment et l'étape. Etre privé et avoir à se débrouiller, à inventer, introduit une souffrance qui est toutefois féconde de liberté et de responsabilité.

Le climat préférentiel d'une famille doit favoriser la liberté pour chacun de s'exprimer avec sincérité, vérité et pondération, et toujours un respect appuyé de l'autre. Les plus grands ne font jamais de leur "avance" un droit sur les petits ou les moins avancés. Au contraire, cette diversité d'âges et de personnalités, loin d'être une occasion de divergences et d'oppositions, constitue une chance d'entraide et d'émulation, de "fraternité".

 Les enfants sont en droit d'attendre de leurs parents un accueil, une écoute, une disponibilité qui ne leur concèdent pourtant aucun droit de "téléguider", de formater la vie présente et à venir de leurs enfants ; avec amour, les parents sont invités à les aider à discerner les appels qu'ils ressentent à tracer leur propre itinéraire !

 La famille est le lieu premier de l'éveil aux savoirs, de la pratique des devoirs et des droits. Mais qu'en est-il de la transmission religieuse ? Elle est le résultat du témoignage des parents et des enfants grandissant de l'imprégnation de l'Evangile, de la référence, pour choisir, agir et parler, à Jésus qui donne son odeur de berger à la maison et à ses habitants.

 L'encouragement à se montrer courageux, généreux, serviable, sans attendre de bénéfice en retour, doit être la réciproque normale d'enfants prenant connaissance de tout ce qu'ont fait et continuent à faire pour eux leurs parents par pur amour, sans attendre d'être rémunérés par exemple. Comment "apprendre" le don de soi, sinon auprès de parents, de frères et sœurs aînés ?

 Quelle que soit la forme composée ou recomposée d'une famille, le carburant universel qui fournit l'énergie est l'Amour donné et reçu. L'Amour qui appelle parfois au Pardon, aux réparations et réconciliations.

La vie de famille, la maison, la terre de naissance et de croissance deviennent alors en chacun des membres synonyme d'origine et des commencements…