L'homme vaniteux vit dans l'illusoire, le virtuel, car il s'accroche à ce qui n'a pas objectivement et réellement d'existence. Il ressemble à un bateau qui croit pouvoir naviguer sur l'océan alors qu'il est échoué sur une plage de sable ! Aux autres il apparaît le plus souvent superficiel, accroc du futile, du néant, du vide. On dirait parfois de lui qu'il "n'est pas dans la vraie vie", mais dans les nuages, c'est-à-dire au-dessus de tous et de toute contingence !

Il se croit supérieur alors que la plupart du temps on ne le perçoit qu''ailleurs". Il se prétend efficace alors qu'il n'est que futile et inutile. Le vaniteux peut prononcer de beaux discours aux mots choisis et sonores, mais jamais ne se mettre à les traduire en actes ! Le vaniteux aime se faire admirer et glorifier. Il aime les félicitations qui le renforcent dans l'autosatisfaction. Il étale ses connaissances devant un auditoire assez lucide pour se rendre facilement compte qu'elles sont superficielles.

Le vaniteux est souvent atteint du syndrome de l'orgueilleux, qui se complait à se croire le centre du monde et son meilleur acteur. En réalité l'allure qu'il se donne n'est que basse, mesquine, sotte, ridicule, pour son entourage clairvoyant ! Il se croit ouvert et accueillant au progrès, il n'est que fiché en lui-même et incapable de bouger ! Il se noie dans un verre d'eau, tant il est incapable de percevoir le relief de la réalité. Il confond une montagne et une taupinière, la rosée du matin et une pluie abondante. Il nage dans l'éphémère, le transitoire et le provisoire qu'il prétend de même importance que le durable et l'essentiel.

La vanité fait belle figure au début car elle revêt les apparats de la brillance et de la séduction. Mais rapidement cette vitrine qui expose et attire à elle se fissure et se brise et ne génère que déception devant l'arrière-boutique que l'on découvre. Il y a parfois chez le vaniteux un besoin de simulation et une crainte d'être "découvert". L'hypocrisie n'est pas loin de la vanité, souvent adoptée comme un masque et même un costume de scène qui permet de jouer le rôle d'un "personnage". Quand on vient à gratter ce vernis qui cache la réalité et l'authenticité, alors on peut découvrir que cette personne sûre d'elle-même, arrogante, à la tendance dominatrice, est en réalité porteuse de grandes fragilités, qu'elle vit dans l'insécurité et la peur de se confronter aux différences qu'elle devine chez "les autres".

Tout en écrivant ce billet sur les vaniteux, il me faut aussi souligner que la Bible nous apprend à vivre à distance et détachés des choses, des idées que nous détenons, à les considérer comme relatives afin d'éviter le piège qu'elles nous tendent au point d'en devenir prisonniers. "Vanité des vanités, tout est vanité. Quel profit trouve l'homme à toute la peine qu'il prend sous le soleil ? Un âge va, un âge vient, mais la terre tient toujours. Le soleil se lève, le soleil se couche… Le vent part au midi, tourne au nord, il tourne et va… Tous les fleuves coulent vers la mer et la mer n'est pas remplie. Ce qui fut cela sera, ce qui s'est fait se refera et il n'y a rien de nouveau sous le soleil"… (chapitre 1 de l'Ecclésiaste).

Dans la vie, seules les postures modestes et surtout humbles conviennent, voilà peut-être ce qui est à retenir !