A l'image du veau d'or fabriqué par les Hébreux au pied du Sinaï tandis que Moïse, leur "chef", montait recueillir les "dix lois de Dieu" avant de poursuivre le retour vers la terre de Canaan, une idole est une fabrication mentale et souvent matérialisée qui nait des aspirations ou des besoins de la conscience humaine insatisfaite.

Or, nous dit saint Jean dans sa première lettre au chapitre 5, "petits enfants, gardez-vous des idoles". L'idole fait fonction de substitut à Dieu. Elle est un leurre censé combler le désir de voir, de toucher. En fait elle donne l'illusion réconfortante sur le moment de pouvoir disposer à sa guise de ce "moyen", comme si celui-ci n'avait pour raison d'exister que d'être la prolongation de l'homme, sa prothèse. Or qui s'accroche à des idoles au point d'en faire la locomotive qui tracte et trace le déroulement de sa vie, celui-là est menacé de subir une double peine : celle de se rendre compte un jour ou l'autre que l'idole qu'on adorait est pure virtualité, et que s'être laissé scotcher et embarquer par elle ne conduit nulle part, voire, pire même, au néant.

Certes nombre de nos contemporains semblent avoir chassé Dieu de leur esprit et de leur conscience avec la prétention d'assumer par eux-mêmes leurs pensées, leurs paroles et leurs actes sans en référer à quiconque. Ainsi la plupart de ces gens qui rejettent Dieu ont-ils assez conscience que leur vie est parfois sous tutelle d'idoles que la société se façonne ? Tel l'argent devenu mobile et moteur de tout ! Faut-il démasquer les idoles actuelles en les pointant du doigt ? Chacun sait que dans notre société la priorité n'est plus "l'humain" ni "tous les hommes". Elle cède largement le pas à ces mots fétiches que sont : indépendance, utilité et efficacité, consommation, prétention à tout savoir et tout pouvoir, liberté individuelle sans limites selon les seuls critères de sa propre appréciation, droit absolu à satisfaire ses désirs…

Il ne semble pas trop difficile de détecter dans la société actuelle et universelle que lorsque la foi en Dieu recule, des pratiques idolâtriques gagnent des adeptes. Par exemple, à force de laisser le consumérisme matériel et idéologique tenir la vedette, les êtres humains pourtant appelés à développer leurs capacités de critique, de résistance, d'analyse, de choix libre et d'engagements personnels rendent leur tablier et, de guerre lasse, se laissent servir à la table où sont déposés dans leur assiette des mets élaborés par d'autres qu'ils prennent pour des "sauveurs" !

L'intention de mon propos n'est pas de juger et encore moins de rejeter ces personnes, peut-être déçues par les erreurs et les faiblesses des religions, en particulier par le christianisme parce que celui-ci ne s'est pas montré assez convaincant en ses paroles et en ses actes, mais d'alerter mes frères et sœurs en humanité afin qu'ils ne se trompent ni de quai de gare ni de train… Aussi, avant de prendre place dans un wagon, vérifions d'abord la destination vers laquelle il nous emporte ! "Petits enfants, gardez-vous des idoles", a écrit l'apôtre Jean !...