Parce qu’il prend l’image d’obligations rituelles, de codes et de normes à respecter, d’obéissance à des lois, le christianisme peut apparaître à certains comme un carcan privant de liberté et d’accomplissement personnel. Or je voudrais montrer dans ce billet combien et comment le fait de choisir la vie chrétienne pour guide dans l’existence est au contraire une garantie de liberté et de pleine responsabilité.

Quand Jésus se déclare un jour « chemin, vérité et vie » pour ceux qui lui font confiance, il ne prétend nullement prendre tout en charge de leurs vies, mais seulement les favoriser et les accompagner. Le chemin assure la route des marcheurs du commencement à l’arrivée, mais il remplace pas leurs efforts, leurs choix, leur avancée en groupes. Etre chrétien, c’est consentir et bénéficier d’un itinéraire que Jésus a balisé, non pour nous soumettre, mais au contraire pour nous permettre de ne pas nous perdre. Jésus ne vise nullement à faire des croyants des automates téléguidés et obligés de suivre !

Les chrétiens font confiance et ont confiance en celui qui a tracé l’itinéraire et fiché les poteaux indicateurs. Croire en Jésus, ce n’est donc pas démissionner, c’est au contraire accueillir la certitude que ce chemin qu’a emprunté Jésus va jusqu’au bout et au but de notre parcours terrestre. C’est un bonheur de savoir cela et d’en vivre. Cette vie de croyants, volontairement sous assistance du « référentiel » évangélique, est accompagnée à la façon dont un GPS guide un conducteur de véhicule. Chacun a sa fonction et nul n’efface la mission de l’autre. Il me semble que la mentalité dite moderne qui consisterait à vouloir se passer de maîtres, de guides, de témoins, pour faire « avancer » sa vie tout seul, par goût d’accomplissement individuel et autonome, se prive du bonheur de la liberté et de la confiance qu’apporte la foi, qui choisit le chemin que tracent les paroles, les actes et les attitudes de Jésus.

Sans rien nous imposer puisqu’il se laisse toujours choisir, sans rien nous retrancher de notre identité ni de notre nature humaine, Jésus, en facilitant nos aspirations à connaître, à apprendre, à comprendre, à nous améliorer, en un mot à progresser vraiment, marche à nos côtés, tel un berger au milieu de ses brebis, qui se tient parfois devant pour les conduire vers de tendres pâturages, parfois derrière pour encourager celles qui traînent ou s’égarent, et même en dehors du chemin pour aller chercher les agneaux perdus et blessés dans les buissons d’épines. Car Jésus connaît et aime chaque brebis de son troupeau, avec lequel il a un lien fort de confiance et d’affection.

La foi, en effet, c’est entretenir cette relation au Christ, intime et joyeuse, c’est aussi avoir pour les autres chrétiens une amitié qui rejoint la communion que Jésus instaure en chacun d’eux et ainsi entre tous, en Eglise. Les gens peuvent imaginer que la foi est un panier à « capturer » des crabes qui deviennent ainsi prisonniers ! En réalité, ceux-là ont à découvrir que croire en Jésus et adopter pour soi son Evangile est une « libération », et qu’ils sont appelés à programmer leur déplacement sur son itinéraire, non dépouillé des dangers potentiels et habituels, mais sous la conduite accompagnée du Christ.