Au n° 109 de l’Exhortation à la sainteté, le pape François écrit : « La force du témoignage des saints, c’est d’observer les Béatitudes et le critère du jugement dernier. Ce sont peu de paroles, simples mais pratiques et valables pour tout le monde, parce que le christianisme est principalement fait pour être pratiqué, et s’il est l’objet de réflexion, ceci n’est valable que quand il nous aide à incarner l’Evangile dans la vie quotidienne. Je recommande de nouveau de relire fréquemment ces grands textes bibliques, de se les rappeler, de prier en s’en servant, d’essayer de les faire chair. Ils nous feront du bien, ils nous rendront vraiment heureux ». Le pape François invite ainsi les disciples de Jésus à incarner le message évangélique à travers toute la puissance de vie qu’il détient.

Au n° 107, il cite sainte Teresa de Calcutta : « Oui, j’ai beaucoup de faiblesses humaines, beaucoup de misères humaines… Mais il s’abaisse et il se sert de nous, de vous, de moi pour que nous soyons son amour et sa compassion dans le monde, malgré nos péchés, malgré nos misères et nos défauts. Il dépend de nous pour aimer le monde, et lui prouver à quel point il l’aime. Si nous nous occupons trop de nous-mêmes, nous n’aurons plus de temps pour les autres ».

Dans le chapitre 4, François évoque quelques caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel. « Dans cette culture qui crée l’ambiance dans laquelle nous sommes conviés à vivre de la sainteté de Jésus, se manifestent (n° 111) l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit ; la négativité et la tristesse ; l’acédie commode, consumériste et égoïste ; l’individualisme et de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui règnent dans le marché religieux actuel. » « Grâce à cette force intérieure, il est possible d’endurer, de supporter les vicissitudes de la vie et aussi les agressions de la part des autres, leurs infidélités et leurs défauts… le témoignage de sainteté, dans notre monde pressé, changeant et agressif, est fait de patience et de constance dans le bien (n  113).

La Parole de Dieu nous met en garde : « Aigreur, emportement, colère, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes » (Ep 4, 31). Au n° 118 : « Si tu n’es pas capable de supporter et de souffrir quelques humiliations, tu n’es pas humble et tu n’es pas sur le chemin de la sainteté ». Au n° 122 : « Le saint est capable de vivre joyeux et avec le sens de l’humour. Sans perdre le réalisme, il éclaire les autres avec un esprit positif et rempli d’Espérance ». En même temps que la sainteté rayonne de joie, elle est aussi audace : « Soyez sans crainte »…(Mc 6, 50)…, enthousiasme, parler en toute liberté, ferveur apostolique… »

Au n° 134 : « Comme le prophète Jonas, nous avons en nous la tentation latente de fuir vers un endroit sûr qui peut avoir beaucoup de noms : individualisme, spiritualisme, repli dans de petits cercles, dépendance, routine, répétition de schémas préfixés, dogmatisme, nostalgie, pessimisme, refuge dans les normes… » Et au n° 139 le Pape écrit : « Demandons au Seigneur de ne pas vaciller quand l’Esprit nous demande de faire un pas en avant ; demandons le courage apostolique d’annoncer l’Evangile aux autres et de renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs… Ainsi l’Eglise, au lieu de stagner, pourra aller de l’avant, en accueillant les surprises du Seigneur ».