L’on peut constater que les sociétés productivistes et consuméristes les plus avancées sont heureusement les plus lucides sur les bouleversements climatiques causés par certaines pratiques dans l’ordre économique et domestique. En dressant la liste des dangers climatiques, l’on ne peut que souhaiter à notre monde une conscience collective et aussi personnelle plus éveillée et plus éclairée, afin de parvenir, à tout le moins, à freiner les processus dégradants en cours.

Il est trop facile de rejeter la faute sur telle ou telle catégorie sociale ou de nous laisser aller à la fatalité en contribuant par nos choix et nos actes, nos comportements, à faire porter par les générations futures les conséquences néfastes de notre laxisme actuel. Il est, évidemment, urgent pour chaque citoyen de sortir de la forteresse de son « âge » et d’avoir instantanément le réflexe d’inclure le « nous » en tout choix individuel ! En effet nos comportements ont tous une dimension sociale, familiale et même sociétale. En avoir conscience conditionne nos droits et nos devoirs qui nous relient à la communauté humaine. La conservation, la sauvegarde des éléments naturels, leur visage, mesuré, raisonnable et équitable, sont des repères que les détenteurs de pouvoir ont à prendre en compte, mais cela concerne, à leur niveau de responsabilité, tous les citoyens.

Piller, épuiser la terre nourricière, la polluer de produits artificiels sans se préoccuper des effets indésirables, n’est-ce pas, même involontairement, perturber la biodiversité dont la vie et tous les vivants ont besoin pour exister, se développer, se reproduire, créer les conditions de leur avenir ? L’équilibre et l’harmonie dans la nature doivent être sauvegardés avec soin et préservés de toute agression et violence, de toute manipulation hasardeuse, de toute expérimentation inconsciente de conséquences prévisibles, parfois irréversibles ! L’humain n’a pas vocation à s’ériger en apprenti sorcier !

Nous savons tous combien les animaux sauvages, domestiques, les insectes et les oiseaux de toute espèce, les végétaux eux-mêmes, selon leur nature, et bien sûr tous les humains habitant les cinq continents, différents par leur histoire, leur langue, leur culture, sont les composants vivants bénéficiant tous de la Nature. Et je n’évoque à grands traits que ce que l’on voit à l’œil nu. Je devrais ajouter tous ces vivants qui font de la terre, de l’air, des mers, des lieux vivants destinés à donner et à favoriser « la Vie » ! Nous devons le surgissement, la multiplicité des vivants, à la solidarité naturelle de tous les vivants et de leur acceptation à offrir leur propre vie et leurs fruits pour permettre à d’autres de subsister. Les fêtes des moissons sont, me semble-t-il, notre façon humaine de remercier chaleureusement la Terre, les saisons, la Nature, les travailleurs, pour cette synergie généreuse que chacun de ces partenaires a offert avec ténacité et persévérance dans la durée et la fidélité.

En écrivant sa riche et magnifique encyclique Laudato Si’, le pape François s’est adressé à tous les citoyens du monde, habitants de cette belle terre aux ressources multiples mais pas inépuisables. Il voulait ainsi nous inviter à une lucidité plus clairvoyante, à un vécu davantage responsable, à une existence personnelle et communautaire imprégnée de fraternité. D’ailleurs dans ce texte, pour parler de la Terre qui nous porte tous, il emploie l’expression de « notre maison commune ». Il lance ainsi plus qu’un avertissement : une Espérance qu’elle demeure un lieu de bonheur, d’Amour et de Vie pour tous les « vivants »…