En l’église de l’Ermitage dédiée à saint Martin par saint Walfroy lui-même, Natasha St-Pier a donné un magnifique concert de chants inspirés de textes poétiques écrits à la fin du 19ème siècle par Thérèse, religieuse au carmel de Lisieux. Près de 600 personnes venues des environs et de la région s’étaient rassemblées pour venir entendre la voix sublime de l’artiste et goûter les paroles douces et lumineuses de Thérèse et de ceux et celles dont celle-ci continue à inspirer l’écriture. Ce public nombreux qui avait retenu sa place depuis longtemps et Natacha, accompagnée de son équipe technique, ont d’abord été accueillis par Eric Piéton, président de l’Association des Amis de Saint-Walfroy.

Pendant une heure et demie, la chanteuse brillante mais simple et humble a enchaîné des chansons en prenant comme trame de son répertoire d’un soir l’histoire de la vie courte et dense de Thérèse. Elle en a souligné les événements marquants, telle la mort de sa maman lorsqu’elle avait 4 ans et demi, la nuit de Noël 1886 durant laquelle Jésus métamorphosa sa condition d’adolescente de 14 ans et sa souffrance d’avoir perdu sa maman en torrents de lumière accueillis en elle. Après 9 années douloureuses, Thérèse retrouve « la force d’âme qu’elle avait perdue lors de la mort de sa mère », et, selon ses dires, qu’elle « devait conserver pour toujours ». « Depuis cette nuit bénie de 1886, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoire en victoire et commençai pour ainsi dire une course de géant (psaume 18, 5 », écrira-t-elle en relisant son parcours terrestre dans « Histoire d’une âme ».

Désormais elle sait que Jésus l’accompagne et la soutient dans une relation de confiance et de communion. Pour aller vers la sainteté, « Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissance ». La « petite voie » thérésienne est un chemin, une manière de vivre notre communion avec Dieu. Elle constitue le cœur du message de Thérèse et prend sa source dans l’enseignement de Jésus lui-même. Mt 19, 13 : « Alors des petits enfants lui furent présentés pour qu’il leur impose les mains. Mais les disciples le rabrouèrent. Jésus dit alors : ‘Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux.’ ».

Cette « petite voie » délivre des messages comme autant d’appels à saisir toutes les bonnes occasions pour progresser en sainteté. Ne pas compter sur nos mérites, mais espérer en Dieu qui est notre soutien. Ne pas s’étonner des faiblesses des autres, mais s’édifier de leurs qualités. Ne pas désespérer des échecs, mais supporter nos imperfections. Ne pas s’appuyer sur nos propres forces, mais prendre l’ascenseur de l’amour. Ne pas vouloir tout faire avec effort, mais laisser faire Jésus humblement. Ne pas rechercher ce qui brille, mais rester caché entre les bras de Jésus. Ne pas privilégier ce qui est extraordinaire, mais prendre les moyens ordinaires. Ne pas penser aux peurs qui paralysent, mais s’abandonner au Père. Ne pas comptabiliser les œuvres, mais étancher la soif de Jésus. Ne pas s’attribuer les progrès, mais reconnaître que tout vient de Dieu. Ne pas se décourager, mais croire qu’on est digne d’être aimé. Ne pas se complaire dans la souffrance, mais fixer le regard sur Jésus. Aimer comme Dieu qui n’est que miséricorde et nous aime inconditionnellement… Toutes les chansons de Natasha St-Pier diffusent la joie, l’amour, la compassion, le désir de vivre intensément.

Le soir du 30 septembre 1897 où elle meurt, à 24 ans, Thérèse dit : « Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie »…

Natasha St-Pier n’a pas seulement rempli l’église de Saint-Walfroy, elle a comblé nos cœurs du bonheur de l’amour du Père !