Par l’incarnation de Jésus de Nazareth, Dieu s’est fait proche de tout être humain sur terre. Il a revêtu un corps, il s’est glissé dans un Peuple, il a parlé sa langue, adopté ses traditions et ses rites. Tout en demeurant Dieu, il est devenu pleinement homme. En faisant de ce chemin d’Alliance une condition pour lui d’accomplir sa mission de salut, Jésus indique à ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain de passer par cette étape de la proximité et de l’incarnation. Les chrétiens sont appelés non pas à s’isoler, à surplomber, mais à se mêler, se mélanger, tout en témoignant vivement et vraiment du Christ « Chemin, Vérité et Vie ».

Mais quelles sont les conditions pour établir une proximité ? La proximité se réalise dans la présence physique, au milieu, avec, au côté. Se faire proche, c’est aussi porter attention et intérêt à l’autre, parler sa langue, celle des mots, et le rejoindre dans les sentiments de son cœur, essayer de le connaître et de le comprendre sans renoncer à lui proposer ce que l’on croit soi-même. Ce désir de transmettre et de partager ne doit jamais se nourrir du désir d’éblouir et d’épater par un langage inadapté et incompréhensible par un auditoire, respectueux et silencieux, mais imperméable aux messages trop emballés de mots hermétiques !

Dans la recherche d’une proximité, d’une bonne connexion et d’une claire communication, il faut donc éviter l’attitude dogmatique qui prétend livrer clés en mains un contenu ficelé, à prendre ou à refuser ; il faut tout autant éviter un message au contenu flou entaché de démagogie et de flatterie vis-à-vis de l’auditoire. La posture préférable est sans doute de parler avec douceur et humilité, avec une bienveillante considération pour celles et ceux qui pensent et croient autrement. La proximité doit ressembler à un chemin sur lequel nous marchons tous, chacun(e) à son rythme, attentifs et préoccupés que nous pouvons être par des aspects parfois différents, tout en nous efforçant d’avancer, de nous enrichir mutuellement, sur ce même chemin humain. La proximité, elle, s’intensifie et s’approfondit aux carrefours qui amènent à faire ses choix, dans des circonstances douloureuses et pénibles de l’existence, dans les chamboulements que provoquent certains événements incontournables… Car le désir d’être proche fournit les preuves de son authenticité et de sa solidité tout spécialement au moment des intempéries qui surviennent dans le déroulement de la vie et génèrent alors des dégâts.

Par son Incarnation, Jésus, lui, n’a pas trié ce qui convenait à sa nature divine. Il a au contraire fait de toute circonstance de sa vie sur terre une occasion de révéler le vrai visage de Dieu, sa pensée, son regard, son projet… Par le partage entier de son humanité, Jésus nous rend visible le cœur de Dieu son Père qu’il nous dit être aussi Notre Père ! Cette proximité volontaire et durable, Jésus l’a déployée en toute la durée de son existence terrestre, comme un service accompli dans la joie et par amour.

Le signe emblématique et symbolique de cette proximité de Jésus, saint Jean l’a raconté dans la séquence du lavement des pieds que Jésus effectue lors du dernier repas pascal pris avec ses apôtres. Jésus s’est fait proche jusqu’à laver les pieds poussiéreux de ses apôtres…